Bêta ouverte : tout est gratuit pendant la phase de testMe prévenir du lancement

12Partie 2 : Organisation, données, fonctions★★★ Tombe chaque annéeCycle 4 · BOEN 2020 · Thème B

Probabilités

Expérience aléatoire · événements · équiprobabilité · complémentaire · événements incompatibles · arbres pondérés · loi des grands nombres · simulation tableur.

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Comprendre

Pourquoi les probabilités ?

Vous lancez un dé : le résultat est imprévisible, mais vous savez que le 2 sort « 1 fois sur 6 en moyenne ». Une probabilité, c'est un nombre entre 0 et 1 qui mesure la chance qu'un événement se produise.

Elles sont partout : météo, jeux, assurances, médecine, sondages. Au CRPE, c'est l'un des sujets les plus testés (arbres pondérés, événement composé, lien avec le dénombrement (fiche N°7), simulation tableur). Bonne nouvelle : les probabilités demandent surtout de la méthode (bien définir les événements, construire l'arbre, lire les bonnes branches). Avec la méthode, ce sont des points assurés.

①Vocabulaire et probabilité classique

TermeDéfinitionExemple (dé)
Expérience aléatoirerésultat imprévisible à l'avancelancer un dé équilibré
Issueun résultat élémentaire possible1, 2, 3, 4, 5 ou 6
Univers Ωensemble de toutes les issuesΩ = {1, 2, 3, 4, 5, 6}
Événementsous-ensemble de l'univers« pair » = {2, 4, 6}
Événement certainse réalise toujours (c'est Ω)« entre 1 et 6 »
Événement impossiblene se réalise jamais (c'est ∅)« obtenir 7 »
Une probabilité P(A) vérifie : 0 ≤ P(A) ≤ 1, P(Ω) = 1, P(∅) = 0. P(A) = 0 → impossible ; P(A) = 1 → certain ; P(A) = 0,5 → une chance sur deux.
Probabilité classique (Laplace)
P(A) = nombre d'issues favorables ÷ nombre total d'issues
Dé, A = « pair » : P(A) = 3/6 = 1/2
Jeu de 52 cartes, B = « un as » : P(B) = 4/52 = 1/13

Formule valable uniquement en situation d'équiprobabilité (dé équilibré, tirage au hasard d'objets identiques).

②Événements composés : contraire, incompatibles, réunion

L'événement contraire
P(Ā) = 1 − P(A)
P(obtenir 6) = 1/6 → P(ne pas obtenir 6) = 5/6

Réflexe : « au moins un… » = 1 − P(aucun). Souvent beaucoup plus rapide que le calcul direct.

SituationFormule
Événement contraireP(Ā) = 1 − P(A)
Incompatibles (A ∩ B = ∅)P(A ∪ B) = P(A) + P(B)
Cas généralP(A ∪ B) = P(A) + P(B) − P(A ∩ B)
Probabilité classiqueP(A) = |A| ÷ |Ω|
Somme des probabilités des issuesΣ P(issues) = 1

Vérifier l'incompatibilité avant d'additionner

A = « pair » et B = « multiple de 3 » sur un dé ne sont pas incompatibles : 6 est dans les deux. P(A ∪ B) = 3/6 + 2/6 − 1/6 = 4/6 = 2/3, et non 5/6. Toujours vérifier si A ∩ B = ∅.

③Les arbres pondérés : l'outil central

Règle 1 : multiplier sur un chemin
La probabilité d'un chemin = produit des branches.
P(chemin) = p₁ × p₂ × …
Règle 2 : additionner entre chemins
Un événement par plusieurs chemins = somme des chemins.
P(A) = P(chemin 1) + P(chemin 2) + …

Exemple (avec remise). Urne de 3 rouges et 5 bleues, deux tirages avec remise. P(une rouge et une bleue, dans n'importe quel ordre) = P(RB) + P(BR) = 3/8 × 5/8 + 5/8 × 3/8 = 15/64 + 15/64 = 30/64 = 15/32.

Deux vérifications obligatoires

Sur chaque nœud, la somme des branches sortantes vaut 1. Et la somme de tous les chemins finaux vaut 1. Si ce n'est pas le cas, il y a une erreur. Précisez toujours si le tirage est avec ou sans remise : sans remise, les probabilités du 2e tirage changent (après une rouge, l'urne 3R/5B devient 2R/5B).

④Loi des grands nombres et simulation tableur

Fréquence observée
Mesurée dans une expérience réelle.
60 lancers, 8 fois le 6 → 8/60 ≈ 0,133
Varie d'une série à l'autre.
Probabilité (théorique)
Calculée à partir du modèle.
Dé équilibré → P(6) = 1/6 ≈ 0,167
Fixe, ne dépend d'aucune expérience.
Loi des grands nombres : quand n → ∞, fréquence observée(A) → P(A)
10 lancers : la fréquence du 6 peut être loin de 1/6
1 000 lancers : la fréquence est très proche de 1/6

C'est le pont entre statistiques et probabilités : la fréquence estime la probabilité, d'autant mieux que l'échantillon est grand.

L'erreur du joueur

La loi des grands nombres ne dit pas qu'« après 5 piles, on va avoir face ». Chaque lancer est indépendant des précédents. Il n'y a pas de « rattrapage » des essais passés.
Simulation tableur (attendue au cycle 4)
FormuleCe qu'elle fait
=ALEA()nombre décimal aléatoire dans [0 ; 1[
=ENT(ALEA()*6)+1simule un dé équilibré (résultat de 1 à 6)
=SI(ALEA()<0,5;"Pile";"Face")simule un lancer de pièce équilibrée
=NB.SI(A1:A1000;6)compte le nombre de 6 obtenus
=NB.SI(A1:A1000;6)/1000fréquence observée du 6 (approche 1/6)

Décortiquer =ENT(ALEA()*6)+1 : ALEA() donne un réel de 0 ; 1[, ×6 le ramène dans [0 ; 6[, ENT prend la partie entière (0 à 5), +1 décale vers {1, …, 6}. Les formules de tableur sont détaillées dans la [fiche N°27.

Le piège de la ficheTrès fréquent

Piège n°1 : appliquer P = favorables/total sans équiprobabilité

On croit : Utiliser la formule classique même quand les issues n'ont pas la même chance.

En réalité : La formule P(A) = cas favorables ÷ total n'est valable que si toutes les issues sont équiprobables.

Repérer dans l'énoncé : « au hasard », « dé équilibré », « pièce non truquée » → équiprobabilité.

Le piège de la ficheTrès fréquent

Piège n°2 : oublier d'additionner les chemins

On croit : P(exactement 1 rouge sur 2 tirages) = 3/8 × 5/8 = 15/64 (un seul chemin).

En réalité : Deux chemins mènent à « 1 rouge et 1 bleue » : RB et BR. P = 15/64 + 15/64 = 30/64.

Lister TOUS les chemins menant à l'événement avant de calculer.

Le piège de la ficheClassique

Piège n°3 : confondre avec et sans remise

On croit : Tirage sans remise dans 3R/5B : P(2e = R) = 3/8.

En réalité : Après une rouge, il reste 2R et 5B (7 billes) : P(2e = R | 1re = R) = 2/7.

Sans remise, recompter le contenu de l'urne avant chaque branche.

Le piège de la ficheFréquent

Piège n°4 : confondre fréquence et probabilité

On croit : 20 lancers, 5 fois le 6 : « le dé est truqué, P(6) = 1/4 ».

En réalité : 5/20 est une fréquence observée. Un tel écart est normal sur 20 lancers : on ne peut rien conclure.

La fréquence estime la probabilité. Pas de conclusion sur un petit nombre d'essais.

Méthode

La méthode qui fait la différence

Avant tout calcul : définir l'univers, vérifier s'il y a équiprobabilité, et choisir le bon outil (formule directe, arbre, ou contraire). Chaque savoir-faire ci-dessous se termine par une vérification.
①
MéthodeCalculer une probabilité classique (1 épreuve)
Question type : « Dans un jeu de 52 cartes, probabilité d'obtenir un cœur ou un as ? »
1
Définir l'univers et les événements.
Ω = 52 cartes (équiprobables)
A = cœur (13), B = as (4)
2
Vérifier si les événements sont incompatibles.
A ∩ B = as de cœur = 1 carte → NON incompatibles
3
Appliquer la formule adaptée.
P(A ∪ B) = 13/52 + 4/52 − 1/52 = 16/52 = 4/13 ≈ 0,308
Sans soustraire l'as de cœur, on le compterait deux fois.
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

Dé équilibré. Probabilité d'obtenir un nombre pair ou égal à 1 ?

②
MéthodeConstruire et lire un arbre pondéré (sans remise)
Question type : « Urne de 4 rouges et 6 vertes, 2 tirages sans remise. P(2 couleurs différentes) ? »
1
Probabilités du 1er tirage.
P(R) = 4/10 = 2/5, P(V) = 6/10 = 3/5
2
Probabilités du 2e tirage, sans remise (recompter).
Après R : P(V|R) = 6/9 = 2/3
Après V : P(R|V) = 4/9
3
Identifier les chemins favorables et additionner.
P(RV) = 2/5 × 2/3 = 4/15
P(VR) = 3/5 × 4/9 = 4/15
P = 4/15 + 4/15 = 8/15 ≈ 0,533
Les probabilités du 2e tirage dépendent du 1er : c'est la différence avec le tirage avec remise.
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

Urne de 3 rouges, 2 bleues. Tirage de 2 sans remise. P(rouge puis bleue) ?

③
MéthodeUtiliser l'événement contraire (« au moins un »)
Question type : « 3 lancers d'une pièce équilibrée. P(au moins un Pile) ? »
1
Repérer « au moins un » → passer au contraire.
Ā = aucun Pile = 3 fois Face
2
Calculer P(Ā) (lancers indépendants → on multiplie).
P(FFF) = 1/2 × 1/2 × 1/2 = 1/8
3
Conclure avec P(A) = 1 − P(Ā).
P(A) = 1 − 1/8 = 7/8 = 0,875
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

Urne 2R, 3B, 2 tirages avec remise. P(au moins une rouge) ?

④
MéthodeLire et expliquer une simulation tableur
Question type : « La colonne A contient =ENT(ALEA()*6)+1, la colonne B =SI(A1=6;1;0). Que calcule =SOMME(B1:B1000)/1000 ? »
1
Décortiquer les formules cellule par cellule.
ENT(ALEA()*6)+1 → dé de 1 à 6
SI(A1=6;1;0) → 1 si 6, sinon 0
2
Interpréter le calcul final.
SOMME(B1:B1000) = nombre de 6 sur 1 000 lancers
÷ 1 000 = fréquence observée du 6
3
Relier à la loi des grands nombres.
Cette fréquence approche 1/6 ≈ 0,167, d'autant mieux que n est grand.
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

Que renvoie =SI(MOD(A1;2)=0;1;0) appliquée à un résultat de dé ?

Méthode bien en tête ? Entraînez-vous.