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10Partie 1 : Nombres et calcul★★ FréquentProgramme Seconde

Suites numériques

Suite arithmétique (raison d, terme général, somme) · suite géométrique (raison q, terme général, somme) · reconnaître le type · modélisation · représentation graphique.

Sur cette page

Comprendre

Programme de Seconde

Les suites relèvent du programme de Seconde. Elles sont attendues au CRPE M2 et conservées à ce titre, mais à retirer lors de la future dérivation L3 (qui s'appuie sur le seul programme cycle 4).

Pourquoi les suites ?

Une enseignante économise 50 € par mois : 200 € en janvier, 250 € en février, 300 € en mars… On pourrait additionner mois par mois, ou remarquer que le montant augmente de 50 € à chaque étape. C'est une suite arithmétique : on ajoute toujours le même nombre.

Autre situation : 1 000 € placés à 3 % par an. Chaque année, le capital est multiplié par 1,03 ; après n années, 1 000 × 1,03ⁿ. C'est une suite géométrique : on multiplie toujours par le même nombre.

Les suites modélisent les phénomènes répétitifs (épargne, croissance, population). Au CRPE, elles arrivent presque toujours sous forme de problèmes : l'enjeu est de reconnaître le type et d'appliquer les bonnes formules.

La notion de suite : une liste ordonnée de nombres

Une suite numérique est une liste ordonnée de nombres, notés u₀, u₁, u₂, u₃… (ou à partir de u₁). Chaque nombre est un terme, et son numéro est le rang (ou indice).

Forme explicite
uₙ donné directement en fonction de n.
uₙ = 3n + 1 → 1, 4, 7, 10…
Avantage : calcul direct de n'importe quel terme.
Forme récurrente
Règle de passage d'un terme au suivant.
u₀ = 1, uₙ₊₁ = uₙ + 3 → 1, 4, 7, 10…
Avantage : facile à comprendre et à modéliser.
Les deux formes décrivent la même suite. Au CRPE, l'énoncé donne souvent la forme récurrente (« chaque année, on ajoute / on multiplie… ») et demande la forme explicite (uₙ = …).

La suite arithmétique : on ajoute toujours le même nombre

Une suite est arithmétique quand on passe d'un terme au suivant en ajoutant toujours le même nombre, la raison, notée d. Exemples : économiser 50 € par mois, remplir un réservoir à débit constant.

Récurrence : uₙ₊₁ = uₙ + d ; raison d = uₙ₊₁ − uₙ
Terme général : uₙ = u₁ + (n − 1) × d
Somme : Sₙ = n × (u₁ + uₙ) ÷ 2 (n fois la moyenne du premier et du dernier terme)

Exemple : épargne de 50 €/mois, départ à 200 € (u₁ = 200, d = 50). Terme général : uₙ = 200 + (n − 1) × 50 = 150 + 50n. Après 24 mois : u₂₄ = 150 + 50 × 24 = 1 350 €. Somme des 24 versements : S₂₄ = 24 × (200 + 1 350) ÷ 2 = 18 600 €.

Variation : d > 0 croissante, d < 0 décroissante, d = 0 constante. Graphique : les points sont alignés sur une droite, la signature visuelle d'une suite arithmétique.

La suite géométrique : on multiplie toujours par le même nombre

Une suite est géométrique quand on passe d'un terme au suivant en multipliant toujours par le même nombre, la raison, notée q. Exemples : intérêts composés, croissance de population, décroissance radioactive.

Récurrence : uₙ₊₁ = q × uₙ ; raison q = uₙ₊₁ ÷ uₙ
Terme général : uₙ = u₁ × q^(n − 1)
Somme (si q ≠ 1) : Sₙ = u₁ × (1 − qⁿ) ÷ (1 − q)

Exemple : capital de 1 000 € à 3 % par an (u₁ = 1 000, q = 1,03). Terme général : uₙ = 1 000 × 1,03^(n − 1). Après 10 ans : u₁₀ = 1 000 × 1,03⁹ ≈ 1 305 €.

Variation : q > 1 croissante, 0 < q < 1 décroissante, q < 0 termes alternés. Graphique : les points ne sont pas alignés, ils forment une courbe (croissance ou décroissance exponentielle). Le lien taux ↔ coefficient multiplicateur (1 + t/100) est détaillé dans la fiche N°13.

Reconnaître le type : la question clé avant tout calcul

Arithmétique ?
Calculer uₙ₊₁ − uₙ sur plusieurs termes.
Différence constante → arithmétique.
3, 7, 11, 15… → d = 4
Géométrique ?
Calculer uₙ₊₁ ÷ uₙ sur plusieurs termes.
Rapport constant → géométrique.
2, 6, 18, 54… → q = 3
CritèreArithmétiqueGéométrique
Passage au terme suivanton ajoute don multiplie par q
Testuₙ₊₁ − uₙ constanteuₙ₊₁ ÷ uₙ constant
Terme généralu₁ + (n − 1) × du₁ × q^(n − 1)
Graphiquepoints alignéspoints sur une courbe
Situationsépargne constante, paliers fixesintérêts composés, taux annuel

Tester sur au moins 3 termes

Ne jamais conclure sur les deux premiers termes seulement. 2, 6, 18, 54 : 6 − 2 = 4 ferait croire à une suite arithmétique, mais 18 − 6 = 12 ≠ 4. Le rapport, lui, est constant (3) : c'est géométrique.
Le piège de la ficheTrès fréquent

Piège n°1 : confondre raison arithmétique (d) et géométrique (q)

On croit : Suite 3, 6, 12, 24 : « arithmétique, d = 3 ».

En réalité : 6 ÷ 3 = 2, 12 ÷ 6 = 2, 24 ÷ 12 = 2 : rapport constant, donc géométrique, q = 2.

Toujours tester les deux : la différence ET le rapport. Si l'un est constant, le type est déterminé.

Le piège de la ficheTrès fréquent

Piège n°2 : erreur d'indice dans le terme général

On croit : Pour une suite arithmétique, u₅ = u₁ + 5 × d.

En réalité : u₅ = u₁ + (5 − 1) × d = u₁ + 4 × d : on ajoute d exactement (n − 1) fois.

De u₁ à u₅, il y a 4 sauts (pas 5). De u₁ à uₙ, il y a (n − 1) sauts.

Le piège de la ficheClassique

Piège n°3 : somme géométrique quand q = 1

On croit : Appliquer u₁ × (1 − qⁿ) ÷ (1 − q) avec q = 1 (division par zéro).

En réalité : Si q = 1, tous les termes valent u₁, donc Sₙ = n × u₁.

Vérifier que q ≠ 1 avant d'utiliser la formule de somme géométrique.

Le piège de la ficheFréquent

Piège n°4 : confondre taux et raison géométrique

On croit : « Le capital augmente de 3 % par an, donc q = 0,03. »

En réalité : Augmenter de 3 %, c'est multiplier par 1 + 0,03 = 1,03. La raison est q = 1,03.

Taux de +t % → q = 1 + t/100 ; taux de −t % → q = 1 − t/100.

Ce que ça donne à l'écolele regard du futur enseignant

Aux cycles 2 et 3, les élèves travaillent déjà des suites sans les nommer : suites de nombres pairs, tables de multiplication, régularités dans les figures. Compter de 5 en 5, c'est déjà une suite arithmétique de raison 5.

Ce qu'il faut maîtriser : reconnaître qu'un phénomène courant (épargne, croissance, population) se modélise par une suite, en identifier le type, et appliquer les formules pour répondre à des questions de prévision.

Les suites arithmétiques sont implicitement au cœur de la numération et du calcul en primaire. Savoir qu'ajouter toujours le même nombre construit une suite arithmétique permet d'enseigner avec plus de profondeur les régularités que les élèves observent.

Méthode

Trois éléments suffisent à tout calculer

Avant tout calcul : identifier le type (arithmétique ou géométrique), le premier terme u₁ et la raison (d ou q). Chaque savoir-faire ci-dessous se termine par une vérification.
MéthodeReconnaître le type et trouver la raison
Question type : « Les termes sont 5, 8, 11, 14, 17… Identifier le type et la raison. »
1
Tester la différence entre termes consécutifs.
8 − 5 = 3, 11 − 8 = 3, 14 − 11 = 3 → constante
Arithmétique, d = 3
2
Si la différence n'est pas constante, tester le rapport.
2, 6, 18, 54… : 6 ÷ 2 = 3, 18 ÷ 6 = 3 → géométrique, q = 3
Si ni la différence ni le rapport n'est constant, ce n'est ni l'un ni l'autre : le dire explicitement.
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

Quelle est la nature de la suite 10, 7, 4, 1… ? Donner la raison.

MéthodeCalculer un terme général arithmétique
Question type : « Suite arithmétique u₁ = 7, d = 4. Calculer u₁₀. »
1
Écrire la formule et identifier les paramètres.
uₙ = u₁ + (n − 1) × d ; u₁ = 7, d = 4, n = 10
2
Appliquer.
u₁₀ = 7 + (10 − 1) × 4 = 7 + 36 = 43
3
Vérifier sur les premiers termes.
7, 11, 15, 19… on ajoute bien 4 ✓
Ne pas écrire u₁₀ = 7 + 10 × 4 : c'est (n − 1) sauts, pas n.
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

Suite arithmétique u₁ = 10, d = 5. Calculer u₇.

MéthodeCalculer un terme géométrique à partir d'un taux
Question type : « 2 000 € placés à 5 % d'intérêts composés par an. Capital après 8 ans ? »
1
Construire le modèle : u₁ et q.
u₁ = 2 000 ; taux +5 % → q = 1 + 5/100 = 1,05
2
Appliquer la formule.
u₈ = 2 000 × 1,05^(8 − 1) = 2 000 × 1,05⁷ ≈ 2 814 €
3
Interpréter et conclure.
Après 8 ans, le capital est d'environ 2 814 € (814 € d'intérêts).
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

Un capital augmente de 4 % par an. Quelle est la raison q de la suite ?

MéthodeModéliser depuis un énoncé
Question type : « Une école compte 320 élèves ; l'effectif augmente de 15 par an. Effectif dans 5 ans ? »
1
Identifier le type via le mot clé.
« augmente de 15 » → on ajoute → arithmétique ; u₁ = 320, d = 15
2
Écrire la suite.
uₙ = 320 + (n − 1) × 15
3
Préciser l'indice de départ, calculer, interpréter.
Si u₁ = effectif actuel, dans 5 ans → n = 6 : u₆ = 320 + 5 × 15 = 395 élèves
Toujours préciser si on part de n = 0 ou n = 1 avant de calculer.
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

Calculer la somme des 5 premiers termes de la suite arithmétique 3, 7, 11, 15, 19.

Méthode bien en tête ? Entraînez-vous.