Le groupe verbal
Identifier la construction du verbe : transitivité, verbes pronominaux et impersonnels, voix passive.
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Comprendre
Avant de commencer
Pour y répondre sans hésiter, on part toujours du verbe noyau et on observe deux choses : comment il se construit (employé seul, avec un objet, ou avec un attribut), et comment l'action s'organise autour du sujet (sa voix : active, passive, pronominale, impersonnelle). C'est l'objet de cette fiche.
①Le groupe verbal : un verbe noyau et ses compléments
Le groupe verbal (GV) est le second constituant obligatoire de la phrase de base, avec le groupe sujet. Il s'organise autour d'un verbe noyau et comprend les compléments appelés par ce verbe : COD, COI ou attribut.
Le complément circonstanciel ne fait pas partie du GV : il apporte une information à l'ensemble formé par le groupe sujet et le groupe verbal. Le point clé est donc d'observer ce que le verbe exige : « obéir » se construit avec la préposition « à » (« obéir à quelqu'un ») ; le groupe introduit par « à » est donc COI.
②Comprendre la construction du verbe
Pour déterminer la construction d'un verbe, on regarde ce qui l'accompagne dans la phrase. Trois situations principales permettent de comprendre les termes grammaticaux utilisés ensuite.
Dans une construction transitive, le complément est direct s'il n'est pas introduit par une préposition, et indirect s'il est introduit par une préposition.
1. La construction intransitive
Le verbe n'a pas de complément d'objet.
Test — La question « quoi ? / qui ? » après le verbe est impossible.
Piège — Un verbe employé sans complément n'est pas forcément intransitif. Dans « Il dort », aucun COD ne peut être ajouté : « dormir » est intransitif. Dans « Il mange », le COD n'est pas exprimé, mais on pourrait en ajouter un (« Il mange une pomme ») : « manger » est donc bien transitif direct, et non intransitif.
2. La construction transitive
Le verbe appelle un ou plusieurs compléments d'objet. On distingue alors la construction directe de la construction indirecte.
Test — « quoi ? / qui ? » sans préposition ; pronominalisation par le/la/les. Le passif est souvent possible, mais ce test connaît des exceptions.
Piège — Ne pas confondre le COD avec l'attribut du sujet placé après un verbe d'état (« Il est médecin »). Voir le piège n°2.
Test — « à / de qui ? quoi ? » ; pronominalisation par lui/leur, y, en ; passif impossible.
Une construction transitive peut avoir plusieurs objets
Un même verbe change souvent de construction selon la phrase
3. La construction attributive
Le verbe ne reçoit pas d'objet : il relie le sujet à une qualité, un état ou une identité.
Test — Remplacer par « être » : si le sens reste proche, le verbe est attributif. L'attribut s'accorde avec le sujet, et la passivation est impossible.
| Construction | Le verbe… | Test décisif | Exemple |
|---|---|---|---|
| Intransitive | n'a aucun complément d'objet | « quoi ? / qui ? » après le verbe est impossible | « Il dort. » |
| Transitive directe | a un COD, sans préposition | « quoi ? / qui ? » sans préposition ; pronom le/la/les ; passif souvent possible | « Elle lit un roman. » |
| Transitive indirecte | a un COI, introduit par une préposition (à, de) | « à / de qui ? quoi ? » ; pronom lui/leur, y, en ; passif impossible | « Il obéit à ses parents. » |
| Attributive | relie le sujet à un attribut, via un verbe d'état | remplacement par être ; accord avec le sujet ; passif impossible | « Elle semble fatiguée. » |
③La voix pronominale et la voix impersonnelle
Après avoir étudié la construction du verbe, on observe maintenant sa voix. Ce sont deux caractéristiques différentes : la construction indique si le verbe appelle un complément d'objet ou un attribut ; la voix indique comment l'action est organisée autour du sujet. Un même verbe peut ainsi être transitif direct à la voix active (« Léa lave la voiture ») ou à la voix passive (« La voiture est lavée par Léa »).
Deux voix demandent ici une attention particulière : la voix pronominale, marquée par un pronom de même personne que le sujet, et la voix impersonnelle, construite avec un « il » sans référent.
Test — Pour analyser « se », retrouver la construction du verbe : laver quelqu'un → COD ; parler à quelqu'un → COI. Ce test ne s'applique pas mécaniquement aux verbes essentiellement pronominaux.
Piège — Le pronom réfléchi « se » peut être COD ou COI : « Elle se lave » (se = COD) mais « Elle se lave les mains » (se = COI, les mains = COD). Cette distinction commande l'accord du participe passé, traité dans la notion 12 sur l'accord du participe passé.
Test — Le « il » impersonnel ne peut pas être remplacé par un GN référentiel.
Piège — Ne pas confondre le « il » impersonnel (« Il pleut ») et le « il » personnel référentiel (« Il part », où « il » remplace un nom).
④La voix passive et la voix factitive
La voix indique le rôle joué par le sujet dans l'action. Dans une phrase passive, le sujet subit l'action. Dans une phrase factitive, le sujet déclenche l'action, mais ne l'accomplit pas lui-même. Ces deux organisations se reconnaissent à leur forme verbale.
Seul un verbe transitif direct peut être mis au passif, car il faut un COD à transformer en sujet. Le complément d'agent peut ne pas être exprimé : « La souris est mangée. »
Dans « Elle fait travailler ses élèves », ce n'est pas elle qui travaille : elle fait accomplir l'action par ses élèves. On appelle cela la construction factitive. Pour le concours, retenez surtout que « faire + infinitif » s'analyse comme un seul noyau verbal : « fait travailler ». L'infinitif « travailler » n'est donc pas COD de « faire ».
Le verbe laisser et les verbes de perception (voir, entendre, sentir, regarder) fonctionnent de façon voisine avec un infinitif : « Elle laisse partir les invités », « J'ai vu se rouvrir les portes ». On parle alors de proposition infinitive ou de noyau verbal complexe ; ces analyses sont reprises dans la notion 10 sur les formes non conjuguées.
| Voix | Rôle du sujet | Marque / forme | Exemple |
|---|---|---|---|
| Active | le sujet accomplit l'action | forme verbale ordinaire | « Léa lave la voiture. » |
| Passive | le sujet subit l'action | être + participe passé accordé (+ complément d'agent) | « La voiture est lavée par Léa. » |
| Pronominale | le sujet est associé à un pronom de même personne | pronom me, te, se, nous, vous | « Elle se lave. » |
| Impersonnelle | le sujet il ne renvoie à rien | il sujet grammatical sans référent | « Il pleut. » |
| Factitive (pour aller plus loin) | le sujet fait accomplir l'action | faire + infinitif = un seul noyau verbal | « Elle fait travailler ses élèves. » |
Piège n°1 · Oublier la préposition dans l'analyse
On croit : Dans « Il obéit à ses parents », « à ses parents » est analysé comme un COD.
En réalité : Le verbe se construit « obéir à quelqu'un ». Le groupe « à ses parents », introduit par la préposition « à », est donc un COI : « Il leur obéit. »
D'autres verbes transitifs indirects se construisent de la même façon avec une préposition : nuire à, ressembler à, plaire à, téléphoner à, jouer de, se souvenir de, avoir besoin de, douter de.
Piège n°2 · COD confondu avec attribut du sujet
On croit : Dans « Il est médecin », « médecin » est analysé comme COD.
En réalité : Après un verbe d'état, le complément est attribut du sujet, jamais COD.
Test décisif : la passivation. « Une pomme est mangée » fonctionne (COD), mais « Un médecin est été par lui » est impossible (attribut). L'attribut s'accorde aussi avec le sujet.
Piège n°3 · Verbe transitif employé sans complément
On croit : Classer « manger » comme intransitif dans « Il mange tous les jours ».
En réalité : Dans cet emploi, le complément d'objet de « manger » n'est pas exprimé : c'est un emploi absolu du verbe transitif.
Analyser la construction dans son contexte, puis vérifier si le verbe admet habituellement un objet : « manger une pomme ».
Piège n°4 · « faire + infinitif » séparé en deux noyaux
On croit : Dans « les choses qui nous font rêver », « rêver » est analysé isolément comme COD de « font » ou comme son sujet.
En réalité : « font rêver » constitue le noyau verbal factitif. Le sujet de cet ensemble est « qui », qui reprend « choses ».
Repérer le bloc « faire + infinitif » : le sujet fait réaliser le procès exprimé par l'infinitif.
Piège n°5 · Passé composé avec « être » pris pour un passif
On croit : Dans « Elle est partie ce matin », « est partie » est analysé comme une voix passive.
En réalité : C'est un passé composé : certains verbes de mouvement ou d'état (partir, arriver, venir, tomber, rester…) forment leur passé composé avec l'auxiliaire « être ». Il n'y a ni action subie, ni complément d'agent possible.
Test : essayer de reconstruire une phrase active où le sujet deviendrait COD. « Quelqu'un a parti Elle » est impossible → ce n'est pas un passif. Pour un vrai passif, « Les portes ont été ouvertes » donne « Quelqu'un a ouvert les portes ».
Cycle 1 (maternelle) : aucune terminologie. À l'oral, les élèves construisent des phrases où l'on comprend « qui fait quoi » : le verbe est implicitement le mot de l'action. C'est le socle du futur repérage du verbe noyau.
Cycle 2 (CP-CE2) : les élèves repèrent le verbe dans la phrase, puis distinguent peu à peu le verbe de ce qui le complète, surtout par manipulation (changer le temps, remplacer le groupe).
Cycle 3 (CM1-6e) : on installe le complément du verbe (équivalent du COD/COI, non déplaçable) et on le distingue du complément de phrase (déplaçable, supprimable). L'attribut du sujet est introduit. La transitivité n'est pas nommée, mais la construction du verbe est observée. Les attendus par cycle figurent dans les programmes de français en vigueur.
Ce que vous devez savoir dire : « On part du verbe, noyau du groupe verbal. On observe s'il est employé seul, avec un complément d'objet direct ou indirect, ou avec un attribut relié par un verbe d'état. Le métalangage du concours (transitivité, COD, COI, attribut) précise des repères que les élèves construisent dès le cycle 3 par la manipulation. »
Méthode
Deux réflexes, deux méthodes
Donnez la construction du verbe : « Elle ressemble à sa mère. »
« Les portes furent ouvertes par le gardien. » Voix active ou passive ? Justifiez.
Identifiez l'emploi pronominal et la fonction de « se » : « Ils se sont battus dans la cour. »