Les relations sémantiques
Synonymie, antonymie, hyperonymie, hyponymie, polysémie, sens propre et figuré, champ lexical et champ sémantique.
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Comprendre
Avant de commencer
①Synonymie et antonymie
La synonymie. Deux mots sont synonymes quand ils partagent le même sens de base et peuvent se substituer dans certains contextes, jamais dans tous. La synonymie parfaite n'existe pas : chaque synonyme ajoute une nuance de sens, de registre ou de connotation. Ainsi « regarder », « observer » et « contempler » sont bien synonymes, car tous les trois veulent dire « porter le regard sur quelque chose » : c'est ce socle commun qui les rend interchangeables dans certaines phrases. Mais chacun colore l'action autrement : « regarder » est neutre, « observer » insiste sur l'attention active, « contempler » ajoute la durée et l'émotion devant ce qu'on voit. Le sens partagé en fait des synonymes ; ces nuances interdisent de les employer indifféremment.
L'antonymie. Deux mots sont antonymes quand leurs sens s'opposent. Mais toutes les oppositions ne fonctionnent pas de la même manière : le concours attend que vous distinguiez trois types d'antonymie, présentés ci-dessous.
| Type | Principe | Exemples |
|---|---|---|
| Graduable | Opposition sur une échelle, avec des degrés intermédiaires | chaud / froid (tiède existe), grand / petit |
| Complémentaire | Opposition binaire, sans intermédiaire | vivant / mort, présent / absent, vrai / faux |
| Réciproque (conversive) | L'un implique l'autre dans la relation inverse | acheter / vendre, donner / recevoir |
L'antonymie dépend du contexte
②Hyperonymie et hyponymie
Ces relations organisent le lexique en hiérarchies de sens (relation « est un type de »). L'hyperonyme est le terme générique ; l'hyponyme est le terme spécifique qu'il englobe.
arbreanimal« arbre » englobe chêne, peuplier, pin ; « animal » englobe chien, chat, cheval |
Test — On peut toujours remonter : chêne → arbre → végétal → être vivant.
chienanimalromanrécit« chien » est un hyponyme d'« animal » ; « roman » est un hyponyme de « récit » |
Test — Test : « un X est un type de Y » → X est hyponyme de Y.
③Polysémie, sens propre et figuré, connotation
Un mot polysémique possède plusieurs sens, tous répertoriés au dictionnaire ; le contexte sélectionne le bon. « vol » : déplacement aérien, larcin, groupe d'oiseaux.
Test — Toujours vérifier si le mot est employé au sens propre ou figuré dans le texte.
Test — Une connotation peut être ambivalente (positive et négative à la fois) et dépend du contexte : la repérer montre une lecture fine.
La connotation ambivalente est valorisée
④Champ lexical et champ sémantique
Piège n°1 · le synonyme hors contexte
On croit : Pour « se hâtait » (une femme qui marche vite, yeux baissés), proposer « courait ».
En réalité : « courir » trahit le contexte (la femme marche vite, elle ne court pas). Proposer « se dépêchait » ou « pressait le pas ».
Vérifier que le synonyme peut remplacer le mot dans cette phrase précise, sans la dénaturer.
Piège n°2 · ne voir que le sens propre
On croit : Définir « apatride » seulement comme « personne sans nationalité ».
En réalité : En contexte, le mot est employé au sens figuré : l'écriture arrache l'auteur à ses repères, comme s'il changeait de pays. Il faut expliquer ce sens figuré.
Se demander d'abord : le mot est-il au sens propre ou figuré dans ce texte ?
Piège n°3 · champ lexical ou champ sémantique ?
On croit : « Le champ sémantique de l'écriture comprend : plume, roman, page, encre. »
En réalité : C'est un champ lexical (plusieurs mots, un thème). Le champ sémantique, c'est l'ensemble des sens d'un seul mot.
Plusieurs mots autour d'un thème → champ lexical. Plusieurs sens d'un mot → champ sémantique.
Piège n°4 · relever sans analyser
On croit : Lister les mots d'un champ lexical sans expliquer leur effet.
En réalité : Après le relevé, nommer le thème et analyser l'effet : le champ de l'enfermement traduit l'angoisse de l'écriture, il ne fait pas que décrire.
Relever, nommer le thème, puis expliquer ce que ce champ produit dans le texte.
Cycle 1 (maternelle) : on construit le vocabulaire à l'oral et on amorce les relations de sens par le jeu (trouver le contraire de « grand », des mots qui veulent dire à peu près la même chose), sans terminologie.
Cycle 2 : les élèves catégorisent les mots (termes génériques et particuliers : « fruit » englobe « pomme, poire ») et rencontrent synonymes et contraires pour préciser leur expression.
Cycle 3 : on structure les réseaux de mots (synonymes, antonymes, familles, termes génériques et spécifiques), on travaille le sens propre et le sens figuré, et on apprend à choisir le mot juste selon le contexte.
Ce que vous devez savoir dire : « On enrichit le vocabulaire en organisant les mots par relations de sens : synonymes pour nuancer, antonymes pour contraster, mots génériques pour catégoriser. Amorcé à l'oral dès la maternelle, ce travail se structure aux cycles 2 et 3, où comprendre le sens en contexte devient l'objectif central. » (voir Éduscol, Lexique et culture et l'étude de la langue cycles 2 et 3)
Méthode
Proposez un synonyme en contexte de « contemplait » dans « Elle contemplait le coucher de soleil ».
Le mot « vide » dans « il sentait le vide de sa vie s'étendre » est-il au sens propre ou figuré ? Expliquez.
Dans « muette, heureuse, et ne disait rien », quel champ lexical, et quel effet ?