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05Partie 1 : Grammaire de la phrase★★★ Tombe chaque annéeCycle 4 + lycée · BOEN n°1 du 22 janvier 2019

La phrase complexe et sa ponctuation

Compter et nommer les propositions, comprendre leurs liens et justifier la ponctuation syntaxique.

Où j'en suis

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Comprendre

La méthode

Pour analyser une phrase complexe, il faut délimiter et nommer chaque proposition. Procédez toujours dans le même ordre : repérez les verbes conjugués, délimitez les propositions, identifiez comment elles sont reliées, puis donnez la nature et la fonction de chacune.

Phrase simple ou complexe : compter les verbes conjugués

Une proposition est un groupe de mots organisé autour d'un verbe conjugué. On compte donc les propositions en comptant les verbes conjugués.

Phrase simple : un seul verbe conjugué, donc une seule proposition (indépendante).
Phrase complexe : plusieurs verbes conjugués, donc plusieurs propositions reliées entre elles.

Compter les verbes conjugués
« Elle se hâtait, pressée d'atteindre sa maison. » → 1 verbe conjugué (se hâtait) : phrase simple
« On écrit parce qu'on cherche à saisir le réel. » → 2 verbes conjugués (écrit, cherche) : phrase complexe

« pressée », « atteindre » et « saisir » sont des formes non conjuguées : elles ne comptent pas ici, car elles n'ont pas de sujet propre distinct (voir l'étape ⑤).

Le réflexe à avoir

Avant tout, soulignez les verbes conjugués : leur nombre donne le nombre de propositions. Ne comptez ni les infinitifs, ni les participes, ni les gérondifs (sauf exception du sujet propre, étape ⑤).

Juxtaposition, coordination, subordination

Dans une phrase complexe, les propositions sont reliées de trois façons. Pour les distinguer, posez-vous une seule question : qu'est-ce qui relie les deux propositions, et sont-elles de même rang ?

Les trois modes de liaison (un exemple par ligne)
ModeCe qui relieRang des propositionsExemple
JuxtapositionUn signe de ponctuation seul (virgule, point-virgule, deux-points)Même rang (deux indépendantes)« Il pleut, je reste. »
CoordinationUne conjonction de coordinationMême rang (deux indépendantes)« Il pleut, mais je sors. »
SubordinationUn subordonnant (pronom relatif, conjonction de subordination…)Rangs inégaux : la subordonnée dépend de la principale« Je sais qu'il viendra. »

Mémoriser les 7 conjonctions de coordination

« Mais où est donc Ornicar ? » : mais, ou, et, donc, or, ni, car. Ce sont les seuls mots qui coordonnent. Tout autre mot de liaison (quand, parce que, qui, que…) introduit une subordination.
Juxtaposition et coordination relient des propositions de même rang (souvent des indépendantes). La subordination crée une dépendance : la subordonnée a une fonction dans la phrase, exactement comme un mot. C'est ce que nomment les 6 familles de l'étape ④.

Ponctuation syntaxique : virgule, point-virgule, deux-points

Dans une phrase complexe, la ponctuation sert souvent à rendre visible la relation entre les groupes et les propositions. Au concours, il ne suffit pas d'écrire que « la virgule marque une pause » : il faut nommer l'emploi et le justifier par la structure de la phrase. C'est un grand classique de l'épreuve : justifier l'emploi d'une virgule revient régulièrement.

Les emplois syntaxiques à savoir justifier
SigneEmploiCe qu'il faut dire
VirguleJuxtapositionElle relie deux propositions de même rang sans conjonction : « Il entra, il s'assit. »
VirguleSubordonnée antéposéeElle sépare une subordonnée placée avant la principale : « Quand il arriva, elle lisait. »
VirguleDétachementElle isole un constituant mobile ou mis en relief : « Épuisée, elle s'endormit. »
VirguleRelative explicativeElle isole une relative qui ajoute une information non essentielle (par opposition à la relative déterminative, sans virgule) : « Mon frère, qui habite Lyon, vient demain. »
VirguleÉnumérationElle sépare les éléments d'une série : « Il prit son manteau, son sac et ses clés. »
Point-virguleRelation logique impliciteIl sépare deux propositions indépendantes fortement liées par le sens : opposition, conséquence, parallèle.
Deux-pointsAnnonce expliciteIls annoncent une explication, une conséquence, une énumération ou une citation.

La réponse attendue

Formule utile : « Le signe marque ici [emploi] : il/elle [action syntaxique], ce qui [effet ou relation de sens]. » Exemple : « La virgule marque un détachement : elle isole l'épithète détachée “Épuisée” du sujet “elle”, en mettant en relief l'état du personnage. »

Les 6 familles de propositions subordonnées

Chaque subordonnée se reconnaît à son introducteur et se nomme par sa nature (la famille) et sa fonction globale dans la phrase. Les appellations retenues ici (relative, complétive, circonstancielle, interrogative indirecte, infinitive, participiale) sont celles de la terminologie grammaticale Éduscol 2020. Voici la vue d'ensemble à mémoriser ; les cartes qui suivent détaillent chaque famille avec son test.

Les 6 familles en un coup d'œil
FamilleIntroducteurFonction globaleTest express
Relativequi, que, dont, où, lequel (pronom relatif)Épithète du nom (antécédent)Un antécédent nominal juste avant le pronom ?
Complétiveque (conjonction, sans antécédent)COD, sujet ou attribut du verbe« que » non déplaçable, sans antécédent ?
Circonstanciellequand, parce que, si, bien que, pour que…CC (temps, cause, condition, but…)Supprimable et déplaçable ?
Interrogative indirectesi, qui, ce que, comment, où, pourquoi…COD d'un verbe de questionVerbe demander/savoir/ignorer + pas d'antécédent ?
Infinitiveaucun (verbe à l'infinitif)COD d'un verbe de perception/factitifVerbe de perception ou factitif + sujet propre distinct ?
Participialeaucun (participe présent ou passé)CC (temps, cause, condition)Participe + sujet propre distinct, détaché par une virgule ?
Relative
Introduite par un pronom relatif, elle complète un nom antécédent placé avant le pronom.
qui me séparaient du monde« les portes qui me séparaient du monde » : relative, épithète du nom « portes »

TestY a-t-il un antécédent nominal juste avant le pronom relatif ? Si oui : relative.

PiègeLe pronom relatif a une nature stable. Sa fonction dans la relative (qui = sujet, dont = CDN ou COI…) se trouve par dépronominalisation : voir Les fonctions syntaxiques et Le groupe nominal et ses expansions.

Circonstancielle
Introduite par une conjonction sémantique. Elle précise une circonstance et se rattache au verbe principal.
parce qu'on ne sait pas« On écrit parce qu'on ne sait pas » : circonstancielle, CC de cause

TestLa proposition est-elle supprimable et déplaçable ? Si oui : circonstancielle.

Piège« car » relève de la coordination (déplacement impossible), pas de la subordination : ce n'est pas une circonstancielle.

Subordonnée infinitive
Sans subordonnant. Verbe à l'infinitif ayant un sujet propre distinct, après un verbe de perception ou factitif.
les enfants jouer« Ma mère regardait les enfants jouer » : infinitive, COD du verbe « regardait » (sujet propre : « les enfants »)

TestDeux conditions simultanées : verbe de perception ou factitif, et sujet propre distinct de la principale.

Piège« pour + infinitif » à même sujet n'est pas une infinitive : c'est un groupe infinitif, CC de but. Voir le piège n°3.

Complétive
Introduite par la conjonction « que » (pur outil grammatical, sans antécédent). Elle complète le verbe.
qu'il viendra« Je sais qu'il viendra » : complétive, COD du verbe « sais »

Test« que » sans antécédent nominal, non supprimable et non déplaçable : complétive.

PiègeDistinguer « que » conjonction (pas d'antécédent : complétive) et « que » pronom relatif (antécédent : relative). Voir le piège n°2.

Interrogative indirecte
2 sous-classes
Introduite par un mot interrogatif, après un verbe exprimant une question, un savoir ou une ignorance (demander, savoir, ignorer…). Elle rapporte une question sans guillemets.

TestPas d'antécédent + mot interrogatif dépendant d'un verbe comme demander, savoir ou ignorer : interrogative indirecte.

PiègeÀ ne pas confondre avec la relative : l'interrogative indirecte n'a pas d'antécédent et dépend d'un verbe de questionnement.

Subordonnée participiale
Sans subordonnant. Participe (présent ou passé) ayant un sujet propre distinct, détaché par une virgule.
Le rideau levé« Le rideau levé, le spectacle commença » : participiale, CC de temps (sujet propre : « le rideau »)

TestLe participe a-t-il un sujet propre distinct de celui de la principale ? Si oui : participiale.

PiègeSi le participe partage le sujet de la principale, ce n'est pas une participiale mais une épithète détachée. Voir le piège n°4.

Trois précisions que le jury valorise

La complétive n'est pas toujours COD. Elle peut être sujetQu'il vienne me rassure »), attribut (« Mon espoir est qu'il revienne ») ou compléter un nom ou un adjectif (« l'idée qu'il parte », « heureux qu'il vienne »).

La relative se nuance. Déterminative (sans virgule) : elle restreint le nom et n'est pas supprimable (« les élèves qui travaillent réussissent »). Explicative (entre virgules) : elle ajoute une information non essentielle (« mes élèves, qui travaillent, réussissent »).

La consécutive existe. Avec si… que, tellement… que, au point que, on a une circonstancielle de conséquence (« Il pleut tellement que la rue est inondée »).
Nommer une subordonnée, c'est donner sa nature (la famille) et sa fonction globale (épithète, COD, CC…). Pour analyser la fonction d'un mot à l'intérieur de la subordonnée (le pronom relatif notamment), voir les notions Les fonctions syntaxiques et Le groupe nominal et ses expansions.

Les formes non conjuguées

L'infinitif, le participe présent, le gérondif et le participe passé sont des formes non conjuguées : par défaut, elles ne créent pas de proposition. Elles occupent une fonction dans la phrase, comme un mot ou un groupe.

FormeReconnaissanceFonctions habituellesExemple
Infinitif-er, -ir, -re, -oir ; invariableSujet, COD, complément du nom, CC de but (pour + infinitif)« Vivre, sans l'écriture, me va mal » : sujet de « va »
Participe présentradical + -ant, sans « en », invariableÉpithète détachée du sujet ou d'un nom« Une femme passa, tenant son enfant » : épithète détachée
Gérondif« en » + -ant, invariable, même sujetCC de manière, temps, cause, moyen« Il rentra en chantant » : CC de manière
Participe passé-é, -i, -u ; s'accorde avec le nomÉpithète liée ou détachée, ou noyau d'une participiale« une élève épuisée » : épithète liée ; « Le rideau levé, le spectacle commença » : participiale
Exception : si l'infinitif ou le participe a un sujet propre distinct du sujet principal, il forme une subordonnée infinitive ou participiale (étape ④) et compte alors comme une proposition.
Le piège de la ficheErreur de comptage

Piège n°1 · Compter les formes non conjuguées comme des propositions

On croit : « Elle passa, tenant son enfant » analysé comme deux propositions.

En réalité : « tenant » est un participe présent non conjugué : il n'y a qu'une seule proposition. Seuls les verbes conjugués comptent.

Souligner uniquement les verbes conjugués. Infinitif, participe et gérondif ne comptent pas, sauf sujet propre distinct.

Le piège de la ficheMot caméléon

Piège n°2 · « que » : pronom relatif ou conjonction ?

On croit : Analyser systématiquement « que » comme une conjonction de subordination.

En réalité : Chercher un antécédent : antécédent présent → pronom relatif (relative) ; pas d'antécédent → conjonction (complétive).

« le livre que je lis » (antécédent « livre » : relatif) ; « Je sais que… » (pas d'antécédent : conjonction).

Le piège de la ficheDeux critères simultanés

Piège n°3 · Subordonnée infinitive sans vérifier les deux conditions

On croit : « pour regarder les nuages » analysé comme une subordonnée infinitive.

En réalité : Il faut deux conditions : un verbe de perception ou factitif, et un sujet propre distinct. Ici, « monter » n'est pas un verbe de perception et le sujet est le même : c'est un groupe infinitif, CC de but.

Vérifier les deux critères avant de conclure : verbe introducteur de perception ou factitif, et sujet propre distinct.

Le piège de la ficheSujet propre décisif

Piège n°4 · Épithète détachée confondue avec subordonnée participiale

On croit : « Elle passa, tenant son enfant » analysé comme une subordonnée participiale.

En réalité : Le sujet de « tenant » est « elle », le même que celui de « passa » : c'est une épithète détachée. La participiale exige un sujet propre distinct.

Comparer le sujet du participe et celui de la principale. Même sujet : épithète détachée. Sujet distinct : participiale.

Ce que ça donne à l'école primairele regard du futur enseignant

Cycle 1 (maternelle) : tout se joue à l'oral. L'enfant passe de la juxtaposition de mots à des phrases de plus en plus longues, et commence à relier ses idées avec « et », « parce que », « quand ». C'est la première forme de complexité, sans aucun terme savant.

Cycle 2 (CP-CE2) : les élèves travaillent surtout la phrase simple à l'écrit, repèrent le verbe conjugué et observent les signes de ponctuation (point, virgule, point d'interrogation).

Cycle 3 (CM1-6e) : on introduit la phrase complexe par observation : compter les verbes conjugués, repérer les mots de liaison (et, mais, parce que, qui, que). Les termes savants (subordonnée, principale) arrivent au cycle 4. Les attendus par cycle figurent dans les programmes de français en vigueur.

Ce que vous devez savoir dire : « On part du verbe conjugué : autant de verbes conjugués, autant de propositions. On observe ensuite comment elles sont reliées (juxtaposition, coordination, subordination). Cette démarche se prépare à l'oral dès la maternelle, puis se construit à l'écrit du cycle 2 au cycle 3. »

Méthode

Trois démarches à maîtriser

Face à une phrase, on applique toujours les mêmes étapes : compter, délimiter, identifier l'introducteur, nommer. Une seconde méthode traite le cas particulier des subordonnées sans subordonnant, puis une troisième apprend à justifier la ponctuation syntaxique.
Rappel expressles 4 étapes
1. Compter les verbes conjugués → nombre de propositions
2. Délimiter chaque proposition entre crochets
3. Identifier le mot introducteur → quelle famille ?
4. Nommer : nature (relative, complétive, circonstancielle…) + fonction (épithète, COD, CC…)
Le jury attend toutes les propositions nommées, principale comprise. Ne pas oublier de nommer la proposition principale.
MéthodeAnalyser une phrase complexe pas à pas
Question typique : « Délimitez les propositions de la phrase suivante, précisez leur nature et la manière dont elles sont reliées : On écrit parce qu'on cherche à saisir le réel. »
1
Compter les verbes conjugués : « écrit », « cherche » → 2 propositions → phrase complexe.
« saisir » est un infinitif : il ne compte pas
2
Délimiter chaque proposition : [On écrit] [parce qu'on cherche à saisir le réel].
3
Identifier l'introducteur : « parce que » est une locution conjonctive qui introduit une subordonnée circonstancielle de cause.
Vérif
Réponse attendue (formulation modèle) : « La phrase comporte deux propositions. [On écrit] est la proposition principale ; [parce qu'on cherche à saisir le réel] est une proposition subordonnée conjonctive circonstancielle, complément circonstanciel de cause de “écrit”. Elles sont reliées par subordination, au moyen de la locution conjonctive “parce que”. »
Ne pas oublier de nommer la principale, et toujours donner nature ET fonction.
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

Combien de propositions dans : « Quand il arriva, elle lisait un roman » ? Nommez-les.

MéthodeReconnaître une subordonnée sans subordonnant (infinitive ou participiale)
Question typique : Délimitez les propositions qui forment cette phrase complexe et précisez la manière dont elles sont reliées : « Ma mère regardait les enfants jouer dans le jardin. »
1
Repérer les verbes : « regardait » est conjugué et « jouer » est à l'infinitif.
2
Chercher le sujet de chaque verbe : « ma mère » est le sujet de « regardait » ; « les enfants » est le sujet de « jouer ». L'infinitif possède donc un sujet propre, distinct de celui du verbe principal.
Vérif
Réponse attendue (formulation modèle) : « La phrase comporte deux propositions. [Ma mère regardait] est la proposition principale ; [les enfants jouer dans le jardin] est une proposition subordonnée infinitive, COD de “regardait”. La seconde dépend du verbe “regardait”, mais elle n'est introduite par aucun mot subordonnant : c'est le sujet propre “les enfants” qui en fait une proposition. »
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

« Le rideau levé, le spectacle commença. » Délimitez et nommez les propositions.

MéthodeJustifier un signe de ponctuation
Question typique : « Justifiez l'emploi de la virgule dans la phrase suivante : Quand il arriva, elle lisait un roman. »
1
Identifier ce que le signe sépare ou isole : ici, la virgule sépare « Quand il arriva » et « elle lisait un roman ».
2
Nommer l'emploi syntaxique : « Quand il arriva » est une subordonnée circonstancielle de temps placée avant la principale.
Vérif
Réponse attendue (formulation modèle) : « La virgule marque ici la séparation entre une subordonnée circonstancielle de temps antéposée (“Quand il arriva”) et la proposition principale (“elle lisait un roman”) : elle signale que la subordonnée est placée avant la principale. »
Ne pas répondre seulement : « la virgule marque une pause ». Le jury attend le nom de l'emploi.
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

Justifiez les deux-points : « Il comprit enfin : la porte était restée ouverte. »

Méthode bien en tête ? Passez à l’application.