Le groupe nominal et ses expansions
Analyser la structure interne du GN : épithète, complément du nom, proposition subordonnée relative.
Où j'en suis
Chargement…
Sur cette page
Comprendre
Avant de commencer
①Repérer la structure du groupe nominal
Le groupe nominal (GN) est un groupe de mots organisé autour d'un nom noyau, généralement précédé d'un déterminant. Le noyau et son déterminant forment le GN minimal. Le nom peut ensuite être enrichi par des expansions qui le précisent ou le qualifient.
Le noyau (« chat ») et son déterminant (« le ») sont obligatoires. Les expansions (« vieux », « roux », « de ma voisine », « qui miaule ») sont optionnelles : on peut les retirer sans rendre la phrase incorrecte.
Le réflexe à avoir
②Identifier les 4 expansions du nom
Une expansion est un mot, un groupe ou une proposition qui enrichit un nom noyau. Le plus souvent, elle se trouve dans le GN ; parfois, comme l'épithète détachée, elle est séparée par une virgule tout en se rapportant au nom ou au pronom. La terminologie grammaticale Éduscol 2020 en retient quatre.
Expansion (ici) ou fonction (notion 2) ?
Test — Déplaçable autour du nom, mais jamais hors du GN ; s'accorde en genre et en nombre avec le nom.
Piège — La place de l'adjectif peut changer le sens : « un grand homme » (remarquable) ne dit pas la même chose que « un homme grand » (de grande taille). La fonction, elle, reste épithète liée dans les deux cas.
Test — Non mobile hors du GN : « De Pierre la maison » est impossible.
Piège — Ne pas confondre avec le complément circonstanciel : « un acte de courage » (CDN, dans le GN) n'est pas « il agit avec courage » (CC, mobile). Même préposition possible : « la gare de Paris » (CDN) / « elle revient de Paris » (CC).
Test — Entre virgules, mobile (déplaçable en tête ou en fin de phrase), supprimable sans rendre la phrase incorrecte.
Piège — Sans verbe d'état entre le nom et l'adjectif, ce n'est jamais un attribut du sujet : « Seule, elle pleurait » est une épithète détachée, pas un attribut.
Test — Repérer le pronom relatif, l'antécédent (le nom complété) et le verbe conjugué de la relative.
Piège — Ne pas confondre la relative entière et le pronom relatif. Dans « le livre que je lis », l'expansion du nom « livre » est toute la proposition « que je lis ». Le mot « que », lui, est seulement le pronom relatif qui introduit cette proposition ; sa fonction à l'intérieur de la relative se travaille dans la notion 2.
| Expansion | Nature grammaticale | Place et ponctuation | Test décisif | Exemple |
|---|---|---|---|---|
| Épithète liée | Adjectif (ou participe employé comme adjectif) | Accolée au nom, avant ou après, sans virgule | S'accorde avec le nom ; déplaçable autour de lui, jamais hors du GN | un beau jardin |
| Épithète détachée | Adjectif ou groupe adjectival | Séparée par une virgule, mobile dans la phrase | Supprimable et déplaçable, sans verbe d'état | Épuisée, elle s'endormit |
| Complément du nom | GN ou groupe infinitif prépositionnel | Dans le GN, après le nom, non mobile | Introduit par une préposition ; impossible à déplacer hors du GN | la maison de Pierre |
| Proposition subordonnée relative | Proposition (contient un verbe conjugué) | Après le nom antécédent | Introduite par un pronom relatif (qui, que, dont, où, lequel…) | le livre que je lis |
À distinguer aussi : l'apposition
Une distinction à approfondir
③Approfondir la relative : déterminative ou explicative
Une proposition subordonnée relative peut jouer deux rôles très différents selon qu'elle est ou non encadrée par des virgules. La distinction change le sens de la phrase, et le jury y est attentif.
| Type | Ponctuation | Rôle | Suppression | Exemple |
|---|---|---|---|---|
| Proposition subordonnée relative déterminative | Pas de virgule | Sélectionne une partie des êtres ou des objets désignés par le nom | Non : sans elle, on ne désigne plus le même ensemble | « Les candidats qui ont obtenu la moyenne sont admis. » Seuls certains candidats sont admis. |
| Proposition subordonnée relative explicative | Entre virgules | Ajoute une information sur un être ou un objet déjà clairement identifié | Oui : le nom désigne toujours la même personne ou la même chose | « Mon frère, qui habite à Lyon, arrive demain. » « Mon frère » est déjà identifié ; la relative ajoute un renseignement. |
Piège n°1 · Complément du nom confondu avec complément circonstanciel
On croit : Dans « un acte de courage », « de courage » est analysé comme CC de manière.
En réalité : « de courage » est le complément du nom « acte » : il est à l'intérieur du GN et n'est pas mobile.
Test : déplacer en tête de phrase. « De courage un acte » est impossible, donc CDN. « Avec courage, il agit » fonctionne, donc CC.
Piège n°2 · Épithète détachée confondue avec attribut du sujet
On croit : Dans « Seule, elle pleurait », « Seule » est analysé comme attribut du sujet.
En réalité : Il n'y a pas de verbe d'état : « Seule » est une épithète détachée du sujet « elle ».
L'attribut du sujet exige : sujet + verbe d'état (être, sembler, paraître…) + adjectif. Sans verbe d'état, c'est une épithète (liée ou détachée).
Piège n°3 · Relative déterminative et explicative traitées comme équivalentes
On croit : Considérer « Les élèves qui travaillent réussissent » et « Les élèves, qui travaillent, réussissent » comme deux phrases de même sens.
En réalité : Sans virgule : relative déterminative (seulement certains élèves). Entre virgules : relative explicative (tous les élèves).
Test : supprimer la relative. Le sens change, donc déterminative ; le sens se conserve, donc explicative.
Cycle 1 (maternelle) : aucune terminologie, mais on enrichit déjà l'oral. L'enfant passe de « le chien » à « le gros chien noir » : c'est le tout premier geste d'expansion du nom, par imitation et reformulation.
Cycle 2 (CP-CE2) : les élèves repèrent le nom et son déterminant, puis enrichissent peu à peu le groupe nominal (ajouter un adjectif pour préciser : « un chat » → « un gros chat noir »). On commence à manipuler : ajouter, retirer, remplacer un mot du GN.
Cycle 3 (CM1-6e) : le groupe nominal devient un objet d'étude à part entière. On identifie le nom noyau, on ajoute ou on supprime des expansions (adjectif, complément du nom), on manipule des relatives simples. Les attendus par cycle figurent dans les programmes de français en vigueur.
Ce que vous devez savoir dire : « Le groupe nominal se construit autour d'un nom noyau. On apprend d'abord à le repérer, puis à l'enrichir et à l'alléger par manipulation, avant de nommer les expansions. C'est une compétence d'expansion et de réduction de phrase, travaillée dès la maternelle et nommée à partir du cycle 3. »
Méthode
Deux réflexes, deux méthodes
Repérer le noyau d'abord.
Le nom noyau est le mot central du GN. Tout ce qui se rapporte à lui (déterminant, expansions) en fait partie.
Dans la phrase « Une femme élégante traversa la rue », délimitez le GN qui contient le groupe souligné, donnez son noyau et la nature de l'expansion.
« Madame Bovary, que Flaubert écrivit en 1857, est un chef-d'œuvre. » La relative est-elle déterminative ou explicative ?