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MéthodologieÀ lire en premierÉpreuve commune français + maths · 4 h

Méthodologie de l'épreuve écrite

Bien comprendre l'épreuve commune de français et de mathématiques, et savoir exactement quoi faire, dans quel ordre, le jour du concours.

Sur cette page

Comprendre l'épreuve

En deux mots

Au concours bac+3, le français ne se passe pas tout seul : il partage une épreuve de 4 heures avec les mathématiques. On y évalue votre maîtrise de la langue, pas votre façon de l'enseigner : ni séquence, ni didactique à produire, seulement de la grammaire, du lexique, et un développement écrit à partir d'un texte. Savoir précisément ce qu'on attend de vous, c'est déjà la moitié du chemin.
Français + Maths
une seule épreuve · 4 h · notée sur 20
1Français · 10 pts
  • Phase 1 — étude de la langue
  • Phase 2 — lexique
  • Phase 3 — développement rédigé
2Maths · 10 pts
  • Exercices et problèmes
  • Programme du cycle 4
Le couperet
Une note ≤ 2,5 / 10à une seule des deux partieset vous êtes éliminé

1Ce que vous passez, précisément

Partie Français/10
  • Un seul texte, de 500 mots maximum
  • Trois phases : langue, lexique, développement
  • Une note ≤ 2,5/10 est éliminatoire
Partie Mathématiques/10
  • Plusieurs exercices ou problèmes
  • Programme du cycle 4
  • Une note ≤ 2,5/10 est éliminatoire
La carte d'identité de l'épreuve
CaractéristiqueDétail
Durée4 heures, français et mathématiques ensemble
Coefficient5, le plus lourd des épreuves écrites
Notation20 points : 10 pour le français, 10 pour les maths
Note éliminatoireUne note inférieure ou égale à 2,5/10 à l'une des deux parties élimine, quelle que soit la moyenne
Texte supportUn extrait de roman, de nouvelle, de littérature d'idées ou d'essai, de 500 mots maximum
ProgrammeLe programme de français du cycle 4 (5e, 4e, 3e)
Cadre officielArrêté du 17 avril 2025, première session en avril 2026

La première chose à comprendre

La barre de 2,5/10 tombe séparément sur le français et sur les maths. Un 9/10 en maths ne rattrape pas un 2/10 en français : les deux notes doivent passer la barre. Une partie bâclée, ou laissée à moitié vide faute de temps, peut donc à elle seule vous sortir du concours. Cette règle doit guider chacune de vos décisions le jour J.

2Les trois phases du français

L'épreuve découpe le français en trois phases, toujours dans le même ordre, toutes appuyées sur le même texte.

Phase 1 · Langue6 pts
  • Grammaire, syntaxe, orthographe
  • Nature, fonction, temps, accords
  • Sur des phrases précises du texte
Phase 2 · Lexique4 pts
  • Le sens des mots en contexte
  • Formation, familles, nuances
Phase 3 · Développement10 pts
  • Une réflexion écrite et argumentée
  • Environ 30 lignes
  • À partir d'une question sur le texte

Lisez bien ce barème

Sur le sujet zéro officiel, ces trois phases valent 6, 4 et 10 points, soit 20 points ramenés ensuite sur 10. Retenez surtout la proportion : le développement pèse à lui seul la moitié du français. C'est lui qui creuse les écarts entre les copies, et c'est aussi celui qu'on sacrifie le plus souvent, par manque de temps.
Le sujet zéro, décortiqué

Le seul exemple officiellement cadré par le ministère prend appui sur un extrait de « La Barbe bleue » de Charles Perrault. Le voici phase par phase. Vous verrez que rien ne dépasse le programme du collège.

PhaseCe qui était demandé
1 · Langue (6 pts)Réécrire un passage en mettant les sujets au pluriel (conjugaison, accords) ; donner la nature de six mots soulignés en justifiant, dont des « le / la / les » à trancher entre article et pronom ; analyser des compléments circonstanciels ; donner la nature et la fonction de deux propositions introduites par « si ».
2 · Lexique (4 pts)Expliquer la formation d'un verbe (le préfixe « re- » et ses variantes) ; commenter le choix du vocabulaire qui peint un personnage, sur quelques lignes précises du texte.
3 · Développement (10 pts)« Qu'est-ce qui rend cette page d'un conte du XVIIe siècle toujours significative dans une réflexion sur l'égalité entre les hommes et les femmes ? » La réponse : un développement structuré et argumenté d'une trentaine de lignes.

Ce sont exactement les notions du parcours : classes et fonctions, propositions, homophones, formation des mots.

3La phase 3 n'est pas un commentaire

C'est la phase que l'on comprend le plus souvent de travers. L'épreuve la définit comme « une réflexion suscitée par le texte à partir d'une question posée sur celui-ci », dont la réponse « prend la forme d'un court développement présentant un raisonnement rédigé et structuré ».

Ce que ce n'est pas
  • Un résumé du texte
  • Un commentaire des procédés de l'auteur
  • Un avis personnel jeté sans argument
Ce que c'est
  • Une réponse argumentée à une question précise
  • Appuyée sur le texte, vos lectures et votre culture
  • Organisée : introduction, parties, conclusion

C'est une petite dissertation, pas une explication de texte. Le texte est un point de départ et un appui parmi d'autres, pas l'objet de l'analyse. La méthode complète est détaillée aux notions 20 et 21.

Ce que le jury regarde sur toute la copie

Un principe officiel, valable dans toutes les épreuves du concours, français comme maths :

« Le jury tient compte dans la notation des épreuves de la maîtrise écrite et orale de la langue française : vocabulaire, grammaire, conjugaison, ponctuation, orthographe. »

Autrement dit, vos fautes d'orthographe pèsent aussi dans votre copie de maths. Pour un futur professeur des écoles, c'est logique : la langue est votre premier outil de travail. On la soigne partout, et on garde du temps pour se relire.

La session 2026 étant la première du concours bac+3, aucun rapport de jury propre à cette épreuve n'est encore paru : les attendus ci-dessus viennent des textes officiels et du sujet zéro.

Les sources officielles

Réussir le jour J

L'état d'esprit

Le niveau demandé est celui du collège. La vraie difficulté est ailleurs : tenir 4 heures sur deux matières, sans se laisser dévorer par l'une, sans sacrifier le développement. Les meilleures copies ne sont pas les plus savantes. Ce sont les plus complètes et les mieux gérées.
RappelÀ garder devant les yeux
Aucune partie vide : 2,5/10 par matière, et c'est éliminé.
Le développement vaut la moitié du français : il passe avant le reste.
La langue compte sur toute la copie, maths comprises : on se relit.
On répond en phrases complètes, même en grammaire et en lexique. Un mot jeté sans justification ni appui dans le texte ne rapporte pas tous les points.
MéthodeLes cinq premières minutes
Avant d'écrire, on regarde tout. Ces cinq minutes-là décident du reste de la journée.
1
Parcourir le sujet en entier, maths et français : repérer ce qui a l'air simple, ce qui risque de coincer. On ne répond pas, on prend la mesure du travail.
2 à 3 minutes, le sujet entier sous les yeux
2
Choisir par quelle matière commencer : on en traite une entièrement, puis l'autre. Commencez par celle qui vous met en confiance, souvent votre point fort : quelques bonnes réponses d'entrée, et on avance plus détendu. Aucun ordre n'est imposé.
Français puis maths, ou l'inverse : les deux se défendent.
3
Noter ses heures de bascule au brouillon : « 2 h 05, je passe aux maths », « 3 h 10, je rédige ». Écrites, on les respecte ; gardées dans la tête, on les oublie dès qu'une question nous retient.
On s'attarde toujours sur sa matière préférée : c'est justement là le danger. Quand l'heure arrive, on passe à la suite, même au milieu d'un bel élan.
MéthodeUn plan de 4 heures qui tient
Des repères, à ajuster à votre rythme. L'idée : deux vraies moitiés, et un développement qu'on ne rogne jamais.
FormuleComment découper les 4 heures
≈ 2 h pour les maths, à placer avant ou après le français.
≈ 2 h pour le français :
10 min — lire le texte et toutes les questions.
40 à 45 min — phase 1, la langue.
20 à 25 min — phase 2, le lexique.
45 à 50 min — phase 3, le développement (plan, rédaction, relecture).

Ces durées disent le temps à réserver, pas l'ordre dans lequel commencer. Si vous attaquez par les maths, gardez ensuite tout le temps prévu pour le français. Et laissez 5 minutes à la toute fin pour relire la langue.

Vérif
En retard ? Arrêtez la phase en cours et passez au développement : une introduction, une ou deux idées, une courte conclusion valent bien mieux que rien.
Quelques lignes rédigées vous évitent la note éliminatoire ; une phase 3 restée blanche, non.
MéthodeDans le français : lire, puis répondre
Une fois installé dans le français, quelques minutes de lecture bien menée font gagner du temps sur toutes les questions.
1
Une première lecture pour comprendre : le sens, le genre, le ton, qui parle. On ne surligne pas encore.
3 à 5 minutes, crayon posé
2
Lire toutes les questions avant de répondre : on sait alors quoi chercher dans le texte. Soulignez le verbe de chaque consigne, il dit ce qu'on attend.
donner, analyser, justifier, expliquer, réécrire...
3
Choisir l'ordre des phases : la langue et le lexique d'abord si vous êtes à l'aise en grammaire ; le développement d'abord si vous rédigez mieux l'esprit frais. Le développement garde son créneau, quoi qu'il arrive.
Langue + lexique puis développement, ou l'inverse.
Vérif
Repérer la question du développement dès le début : elle travaille dans un coin de la tête pendant que vous faites la grammaire. Notez au brouillon les idées et les exemples qui vous viennent.
On n'annote que ce qui sert une question, pas tout le texte.
Répondre pour marquer les points

Une bonne réponse courte tient en trois gestes : on nomme avec le mot juste, on justifie, on s'appuie sur le texte. Voici des tournures à reprendre presque telles quelles.

Type de questionUne réponse qui marque
Nature (classe grammaticale)« Ce mot est un nom commun (un adjectif qualificatif, une conjonction de subordination...). » On nomme la classe et on l'appuie d'un indice. Voir les classes grammaticales.
Fonction« Il est complément d'objet direct du verbe (ou sujet, ou épithète du nom...). » On nomme la fonction et le mot dont elle dépend. Voir les fonctions syntaxiques.
Mode et temps d'un verbe« Ce verbe est au passé simple de l'indicatif ; il exprime ici une action brève de premier plan. » On nomme, puis on donne la valeur en contexte. Voir les modes et les temps.
Sens d'un mot en contexte« Dans ce passage, ce terme signifie..., et non son sens courant de... » On s'appuie sur la phrase. Voir les relations sémantiques.
Effet d'un choix de vocabulaire« En employant ce terme, l'auteur donne au personnage une image de... ; la citation le montre. » On nomme, on cite, on explique l'effet. Voir les figures et registres.
Réussir le développement (la phase qui fait la note)

C'est la moitié de la note du français, et c'est très cadré une fois le squelette en tête. On ne cherche pas à écrire long : on répond clairement à la question, avec des exemples.

MomentCe qu'on y met
Introduction (≈ 5 lignes)Une amorce liée au thème, la question reformulée en problématique, puis l'annonce des deux ou trois idées que vous allez défendre.
Développement (2 à 3 paragraphes)Une idée par paragraphe, expliquée et illustrée par un exemple. Trois réservoirs d'exemples : le texte, vos lectures (titre et auteur), votre culture (histoire, arts, cinéma...). Un alinéa à chaque paragraphe.
Conclusion (≈ 3 lignes)Une réponse nette à la question, et une ouverture si elle vient naturellement. On n'ajoute pas d'idée nouvelle.

Deux détails qui se voient tout de suite

On n'écrit jamais « I. », « II. » ni les titres des parties dans la copie : on relie par des connecteurs (d'abord, ensuite, enfin). Et on prépare ses exemples à l'avance : c'est la notion 21 qui vous évite la panne sèche le jour J. Méthode complète : notion 20.
Vos cinq dernières minutes

La langue compte partout. Cette relecture-là rapporte des points sans réviser : on ne cherche pas le beau style, on traque les fautes qui coûtent cher.

  • Les accords : sujet-verbe, participes passés, accords à l'intérieur des groupes nominaux.
  • Les homophones : a / à, et / est, ses / ces, on / ont, se / ce, ou / où.
  • La ponctuation et les majuscules (début de phrase, noms propres).
  • Chaque réponse courte : une phrase complète, le bon terme, une justification ?
  • Le développement : chaque paragraphe répond-il vraiment à la question posée ?
Si vous ne retenez que trois choses
Une copie finie partout bat une copie brillante à moitié.
Le développement se prépare pendant la grammaire : notez vos idées au fil de l'eau.
Cinq minutes de relecture rapportent plus qu'une dernière question grattée.