Les homophones grammaticaux
a/à, est/et, son/sont, on/ont, ou/où, ce/se, ses/ces, leur/leurs, mais/mes, davantage/d'avantage(s), c'est/s'est, sa/ça, la/là/l'a/l'as, quel/qu'elle, tout/tous, peu/peut/peux, quand/quant/qu'en, près/prêt.
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Comprendre
Avant de commencer
①Homophones verbe / mot invariable : le test de l'imparfait
Pour ces quatre paires, une seule des deux formes est un verbe. Un verbe peut se mettre à l'imparfait : c'est le test décisif. Si le remplacement par l'imparfait fonctionne, on écrit la forme verbale ; sinon, c'est le mot invariable.
Test — Remplacer par « avait » : si ça marche, c'est « a » ; sinon, « à ».
Test — Remplacer par « mon » (déterminant) ou par « étaient » (verbe).
Test — Remplacer par « était » : si ça marche, c'est « est » ; sinon, « et ».
Test — Remplacer par « il » (pronom) ou par « avaient » (verbe).
②Les autres homophones : un test par paire
Test — Remplacer par « ou bien » : si ça marche, c'est « ou » (sans accent).
Astuce — « ses » implique un possesseur identifié ; « ces » désigne des éléments déjà connus du contexte.
Test — Mettre au singulier : « son/sa » (possessif) ou « ce/cette » (démonstratif).
Test — Remplacer par « cependant / pourtant » : si ça marche, c'est « mais ».
Test — Remplacer « c' » par « cela » ; repérer un verbe pronominal pour « s'est » ; changer de personne pour « sais/sait ».
Test — Remplacer par « ici » pour « là » ; par « l'avait » pour « l'a/l'as » ; devant un nom ou COD féminin, « la ».
Test — Devant un nom : déterminant, on accorde. Seul : pronom. Devant un adjectif : adverbe invariable, sauf devant un adjectif féminin commençant par une consonne ou un h aspiré (« toute honteuse », « toutes contentes »).
Test — « lorsque » → quand ; « en ce qui concerne » → quant (à) ; décomposable en « que… en » → qu'en.
Test — Remplacer par « bien que » : si ça marche, c'est « quoique » (un mot). Si « quelle que soit la chose que » convient, c'est « quoi que » (deux mots).
Astuce — Confusion fréquente devant un verbe : « se » accompagne un verbe pronominal (se trouver, se faire) ; « ce » annonce ou reprend (ce sera, ce que je crois).
Test — Changer de personne : « il se lave » devient « je me lave » → pronom réfléchi « se ». « ce » ne varie pas ainsi : devant un verbe ou « que », c'est le pronom démonstratif (ce sera, ce que).
Test — Remplacer par « lui » : si ça marche, c'est le pronom « leur » (jamais de -s).
Test — Remplacer par « plus » (adverbe) ou par « un avantage / des avantages » (nom).
Test — Remplacer par « cela » : si ça marche, on écrit « ça » ; devant un nom féminin possédé, on écrit « sa ».
Test — Remplacer « elle(s) » par « il(s) » : si ça marche, écrire « qu'elle(s) ». Sinon accorder « quel » avec le nom.
Test — Remplacer par « pouvait » : si ça marche, c'est le verbe « peut / peux » ; sinon, l'adverbe « peu ».
Test — Remplacer par « préparé(e) » : si ça marche et que le mot s'accorde, c'est l'adjectif « prêt » ; sinon, « près » (lieu, invariable).
Test — Devant le verbe être au subjonctif → « quel que » en deux mots (accord avec le sujet). Sinon → « quelque » (déterminant accordé, ou adverbe = environ, invariable).
③Justifier une graphie : nature + test
Au concours, il faut éviter les réponses réduites à « on écrit comme ça parce que ça sonne juste ». Une bonne justification suit toujours le même schéma : forme choisie + nature grammaticale + test de remplacement.
Exemple de réponse attendue
Renvoi
Piège n°1 · a / à dans le développement rédigé
On croit : « Il pense a son travail et a sa famille. »
En réalité : « à » est ici la préposition : le test de l'imparfait échoue (« il pense avait son travail » est impossible). On écrit « à » dans les deux cas.
Devant tout « a/à », tester « avait » : si l'imparfait passe, c'est le verbe « a » ; sinon, la préposition « à ».
Piège n°2 · le pronom « leur » invariable
On croit : « Je leurs ai dit la vérité. »
En réalité : Le pronom personnel COI « leur » (= lui) est invariable : « Je leur ai dit la vérité. » Le -s est réservé au déterminant possessif (« leurs enfants »).
Remplacer par « lui » : si ça marche, c'est le pronom « leur », jamais de -s.
Piège n°3 · ses / ces
On croit : « Ses résultats montrent que la méthode est efficace. » (alors que les résultats sont déjà évoqués, sans possesseur).
En réalité : Sans possesseur identifié, le sens est démonstratif : « Ces résultats… » Test : « ce résultat » au singulier.
Se demander s'il y a un possesseur (ses, son/sa) ou si l'on désigne des éléments déjà connus (ces, ce/cette).
Cycle 2 : premières confusions travaillées (a/à, est/et, son/sont, on/ont) par le raisonnement grammatical, en repérant la nature du mot.
Cycle 3-4 : consolidation (ses/ces, leur/leurs, ce/se, ou/où) avec des tests de remplacement explicites. Les élèves apprennent à justifier, pas seulement à choisir.
Ce que vous devez savoir dire : « On n'enseigne pas un homophone par cœur, mais par un raisonnement : quelle est la nature du mot ? Le test de remplacement (avait, mon, lui…) rend ce raisonnement automatique. »
Méthode
Justifiez l'orthographe : « ___ résultats montrent qu'il faut travailler ___. » (Ces/Ses puis davantage/d'avantage)