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08Partie 1 : Nombres et calcul★★★ Tombe chaque annéeCycle 4 · BOEN 2020 · Thème A

Calcul littéral et expressions algébriques

Variable et inconnue · réduire · développer · factoriser · distributivité · identités remarquables · prouver par le calcul · programmes de calcul.

Sur cette page

Comprendre

Pourquoi utiliser des lettres ?

Un tour de magie : « Pensez à un nombre. Ajoutez 5. Multipliez par 2. Retirez le double du nombre de départ. » Le résultat est toujours 10. Pourquoi ? Si on appelle x le nombre de départ : (x + 5) × 2 − 2x = 2x + 10 − 2x = 10. Le x disparaît, le résultat ne dépend plus du nombre choisi.

C'est exactement le calcul littéral : utiliser des lettres pour raisonner sur tous les nombres à la fois, au lieu de tester cas par cas. C'est un outil de preuve et de généralisation, au programme du cycle 4, présent dans chaque sujet CRPE : développer, factoriser, prouver, lire et traduire un programme de calcul. Lisez la fiche dans l'ordre.

Variable et inconnue : une lettre, deux rôles

Selon le contexte, une même lettre joue deux rôles très différents. Les confondre est une des premières sources d'erreur.

Variable : tous les nombres
Désigne un nombre quelconque, non fixé.
Dans 2x + 3, x est une variable : 5 pour x = 1, 11 pour x = 4.
Sert à écrire une formule, une règle générale.
Inconnue : un nombre à trouver
Désigne un nombre précis qui vérifie une condition.
Dans 2x + 3 = 11, x est une inconnue : seul x = 4 convient.
Sert à résoudre une équation.

Même lettre, rôles opposés

Dans 3x + 1, x est une variable (expression). Dans 3x + 1 = 7, x est une inconnue (équation). La différence : une expression n'a pas de signe = contraignant, une équation si.

Réduire et développer

Réduireregrouper les termes semblables

Réduire, c'est regrouper les termes du même type : les termes en x ensemble, les termes en x² ensemble, les nombres seuls ensemble. Des termes sont semblables s'ils ont la même partie littérale (même lettre, même exposant).

3x + 5 + 2x − 1 = (3x + 2x) + (5 − 1) = 5x + 4
4x² + 3x − x² + 2 − 7x = 3x² − 4x + 2

On ne peut pas regrouper 3x et 5 (l'un a un x, l'autre non), ni 2x et 2x² (exposants différents) : comme des pommes et des oranges.

Développersupprimer les parenthèses

Développer, c'est transformer un produit en somme en distribuant. Distributivité simple : k(a + b) = ka + kb.

3(2x + 5) = 6x + 15
−2(x − 4) = −2x + 8
x(x + 3) = x² + 3x

Avec un signe −, le facteur change le signe de chaque terme : −(x − 4) = −x + 4 (et non −x − 4).

Double distributivité : (a + b)(c + d) = ac + ad + bc + bd. Chaque terme de la première parenthèse multiplie chaque terme de la seconde, soit 4 produits avant réduction.

(x + 3)(x + 5)
= x² + 5x + 3x + 15
= x² + 8x + 15

Factoriser et identités remarquables

Factoriser, c'est l'opération inverse du développement : partir d'une somme et l'écrire comme un produit, en « sortant » un facteur commun à tous les termes. Développer : 3(x + 2) = 3x + 6 ; factoriser : 3x + 6 = 3(x + 2).

6x + 9
facteur commun 3
= 3(2x + 3)
x² + 5x
facteur commun x
= x(x + 5)
4x² − 6x
facteur commun 2x
= 2x(2x − 3)

Trouver le facteur commun

Regarder les nombres (le PGCD des coefficients), puis les lettres (la puissance minimale de x présente dans tous les termes). Le facteur commun est le produit des deux. Toujours vérifier en redéveloppant : 3(2x + 3) = 6x + 9.
Les 3 identités remarquables (à connaître par cœur)
(a + b)² = a² + 2ab + b²
(a − b)² = a² − 2ab + b²
(a + b)(a − b) = a² − b²

Elles fonctionnent dans les deux sens : pour développer ET pour factoriser.

Développer
(x + 3)² = x² + 6x + 9
(2x − 1)² = 4x² − 4x + 1
(x + 4)(x − 4) = x² − 16
Factoriser
x² + 10x + 25 = (x + 5)²
9x² − 1 = (3x + 1)(3x − 1)
100 − 49 = 10² − 7² = 17 × 3 = 51

Au concours, l'identité 3 est souvent la plus utile pour factoriser : dès qu'on voit une différence de deux carrés (a² − b²), on écrit (a + b)(a − b).

Prouver par le calcul : ce que le jury valorise

Prouver par le calcul, c'est utiliser une lettre pour montrer qu'une propriété est vraie pour tous les nombres, pas seulement pour quelques exemples. C'est la différence entre observer et démontrer.

Programme de calcultraduire en langage algébrique

Un programme de calcul décrit une suite d'opérations sur un nombre de départ. On le traduit en expression littérale, on développe, on interprète. Exemple : programme P, « choisir n, lui ajouter 4, multiplier par n, ajouter 4 » ; programme Q, « choisir le même n, lui ajouter 2, élever au carré ».

P : n(n + 4) + 4 = n² + 4n + 4
Q : (n + 2)² = n² + 4n + 4
Mêmes expressions → mêmes résultats pour tout n.
Écrire un entier d'un type donné
NotationDésigneExemples
2ktout entier pair0, 2, 6, −4 (k entier)
2k + 1tout entier impair1, 3, 5, −1 (k entier)
3ktout multiple de 30, 3, 12 (k entier)
n et n + 1deux entiers consécutifs5 et 6 · 12 et 13
n − 1, n, n + 1trois entiers consécutifsmilieu n ; somme = 3n

Exemple de preuve complète. Propriété : (n + 1)² − n² est toujours impair. Soit n un entier. (n + 1)² − n² = n² + 2n + 1 − n² = 2n + 1, de la forme 2 × (entier) + 1. Donc (n + 1)² − n² est impair, quel que soit n.

Ce que le jury attend

Une preuve par le calcul, pas des exemples numériques. « J'ai vérifié pour n = 1, 2, 3 » illustre mais ne démontre pas. Une démonstration avec une lettre prouve pour tous les entiers en une fois, et se conclut toujours par une phrase explicite.
Le piège de la ficheTrès fréquent

Piège n°1 : oublier de distribuer le signe −

On croit : −(3x − 2) = −3x − 2.

En réalité : −(3x − 2) = −3x + 2 : le − change le signe de chaque terme à l'intérieur.

Raisonner −1 × (3x − 2) = −3x + 2. Le − devant une parenthèse retourne tous les signes.

Le piège de la ficheTrès fréquent

Piège n°2 : (a + b)² = a² + b²

On croit : (x + 3)² = x² + 9.

En réalité : (x + 3)² = x² + 2 × x × 3 + 9 = x² + 6x + 9.

Le terme du milieu 2ab ne disparaît jamais. Réciter « a² PLUS deux-a-b PLUS b² ».

Le piège de la ficheClassique

Piège n°3 : factoriser partiellement

On croit : 6x + 9 = 2(3x) + 9 (le 2 ne sort que d'un terme).

En réalité : 6x + 9 = 3(2x + 3) : le facteur commun doit diviser TOUS les termes.

Vérifier en redéveloppant. Si le résultat ne redonne pas le départ, la factorisation est fausse.

Le piège de la ficheRaisonnement

Piège n°4 : prouver avec des exemples

On croit : « Pour n = 1, 2, 3 ça marche, donc c'est vrai. »

En réalité : Une preuve exige un raisonnement général avec une lettre. Les exemples illustrent seulement.

Un contre-exemple suffit à réfuter, mais aucun nombre d'exemples positifs ne prouve pour TOUS les entiers.

Ce que ça donne à l'écolele regard du futur enseignant

Le calcul littéral n'est pas formalisé à l'école, mais la pensée algébrique s'y construit, et le jury valorise ce lien.

Cycles 2 et 3 : les élèves rencontrent déjà l'idée à travers les suites à compléter (□ + 3 = 7), les « machines à calculer » et les formules (périmètre d'un rectangle = 2 × (L + l)). La lettre est d'abord un raccourci d'écriture, pas encore un objet manipulé.

Cycle 4 : le calcul littéral se développe pleinement (développer, factoriser, identités remarquables, prouver par le calcul, formuler et valider une conjecture).

Ce qu'il faut savoir dire au jury : « À l'école, on ne parle pas de variable ni d'expression algébrique : on dit qu'on cherche un nombre ou qu'on écrit une formule. Les programmes de calcul sont un excellent pont entre l'arithmétique du cycle 3 et l'algèbre du cycle 4 : ils construisent le sens de la variable avant le formalisme. »

Méthode

La règle d'or au CRPE

Toujours vérifier son résultat en substituant une valeur numérique simple (x = 0 ou x = 1). Si le développement ou la factorisation est correct, les deux expressions donnent le même résultat. Lisez bien la consigne : « développer », « factoriser » et « prouver » ne se traitent pas de la même façon.
MéthodeDévelopper et réduire une expression
Question type : « Développer et réduire A = (2x + 3)(x − 1) − (x + 2)². »
1
Identifier chaque morceau et sa technique.
(2x + 3)(x − 1) → double distributivité
(x + 2)² → identité 1
2
Développer chaque morceau séparément.
(2x + 3)(x − 1) = 2x² + x − 3
(x + 2)² = x² + 4x + 4
3
Assembler et réduire, en distribuant le signe −.
A = (2x² + x − 3) − (x² + 4x + 4)
= 2x² + x − 3 − x² − 4x − 4 = x² − 3x − 7
Le − devant (x² + 4x + 4) change le signe de CHAQUE terme. C'est l'erreur la plus fréquente.
4
Vérifier avec x = 0.
A = 3 × (−1) − 4 = −7
Formule : 0 − 0 − 7 = −7 ✓
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

Développer et réduire (x + 5) − (2x − 3).

MéthodeFactoriser une expression
Question type : « Factoriser B = 3x² − 12. »
1
Chercher un facteur commun évident.
3x² et 12 sont divisibles par 3
2
Sortir le facteur commun.
B = 3(x² − 4)
3
Reconnaître une identité dans ce qui reste.
x² − 4 = x² − 2² → identité 3
B = 3(x + 2)(x − 2)
Toujours factoriser au maximum : après le facteur commun, chercher une différence de carrés.
4
Vérifier en redéveloppant.
3(x + 2)(x − 2) = 3(x² − 4) = 3x² − 12 ✓
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

Factoriser au maximum 4x² − 16.

MéthodeTraduire et exploiter un programme de calcul
Question type : « Choisir un nombre, le multiplier par lui-même, ajouter le double du nombre, ajouter 1. Montrer que le résultat est toujours un carré parfait. »
1
Nommer le nombre x et traduire chaque étape.
x → x² → x² + 2x → x² + 2x + 1
2
Reconnaître la structure obtenue.
x² + 2x + 1 = x² + 2 × x × 1 + 1² = (x + 1)²
3
Conclure par une phrase rédigée.
« Pour tout x, le résultat est (x + 1)², le carré du nombre suivant : c'est toujours un carré parfait. »
La conclusion doit être une phrase. Le jury valorise la rédaction autant que le calcul.
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

Programme : choisir x, ajouter 3, élever au carré. Traduire et développer.

MéthodeProuver un résultat général par le calcul
Question type : « Montrer que la somme de trois entiers consécutifs est un multiple de 3. »
1
Modéliser avec des lettres.
Trois consécutifs : n, n + 1, n + 2 (n entier)
2
Calculer et simplifier.
n + (n + 1) + (n + 2) = 3n + 3 = 3(n + 1)
3
Conclure en reliant au résultat.
« 3(n + 1) a 3 pour facteur, donc est multiple de 3, pour tout entier n. »
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

Montrer que la somme de deux entiers pairs est paire.

Méthode bien en tête ? Entraînez-vous.