Les temps du passé
Nommer la valeur de l'imparfait, du passé simple, du passé composé et du plus-que-parfait.
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Comprendre
Avant de commencer
①Expliquer l'emploi d'un temps
Chaque temps du passé a un rôle précis dans le récit. Donner sa valeur, c'est dire ce qu'il exprime ici : décrire, raconter un événement, marquer une antériorité… La réponse complète suit toujours la même structure.
L'identification du temps (imparfait, passé simple…) se justifie comme en notion 7. Ici, l'essentiel est la valeur, formulée précisément.
Le réflexe à avoir
②Comprendre les emplois de l'imparfait
L'imparfait présente généralement un procès passé sans en montrer les limites. Il sert notamment à décrire, à exprimer une habitude ou à montrer une action en cours. Sa valeur dépend toujours du contexte.
Test — Chercher un cadre précis et l'absence de marqueur de répétition.
lisait« Elle lisait quand il arriva » : l'action en cours est interrompue par « arriva » |
Test — Repérer le passé simple qui survient pendant l'action à l'imparfait.
Sivenait« Si elle venait demain, je serais heureux » : venue envisagée comme une hypothèse |
Test — « si » + imparfait, avec une principale généralement au conditionnel présent (« je serais »). Le contexte précise le degré de probabilité.
aimaitrentrait« Il aimait les soirs d'automne, quand il rentrait seul » : goût et action récurrents |
Test — Repérer un marqueur de répétition : chaque jour, souvent, toujours, tous les soirs.
voulais« Je voulais vous demander un service » : l'imparfait adoucit la demande |
Test — La phrase pourrait se dire au présent (« je veux ») : l'imparfait est ici un simple adoucissement.
Un emploi à connaître : l'imparfait narratif
③Distinguer passé simple et passé composé
Le passé simple est le temps de l'événement (premier plan du récit littéraire). Le passé composé relie l'action passée au présent de l'énonciation.
passa« Une femme passa » : la femme surgit dans le récit |
Test — Un événement borné, qu'on ne peut pas prolonger : premier plan.
arriva« Elle lisait quand il arriva » : « arriva » rompt l'action en cours |
Test — Un passé simple qui survient pendant un imparfait.
a fini« Il a fini son travail » : le résultat est perceptible maintenant |
Test — Le résultat de l'action est constatable au présent.
posaregardase leva« Elle posa son livre, regarda autour d'elle, se leva » : actions enchaînées |
Test — Une série d'actions qui se suivent dans l'ordre.
ai vu« J'ai vu se rouvrir les portes » : souvenir encore présent pour le narrateur |
Test — Le passé garde un effet ou une trace dans le présent de l'énonciation.
suis monté« Je suis monté sur la terrasse » : récit intime à la 1re personne |
Test — Récit à la 1re personne ou registre oral : le passé composé raconte là où l'écrit littéraire userait du passé simple.
④Organiser les actions dans le passé
Le plus-que-parfait situe une action avant un autre moment du passé. Et lorsque imparfait et passé simple coexistent, leur opposition structure tout le récit.
avait relu« Elle avait relu sa lettre avant de la poster » : relire précède poster |
Test — Une action qui s'est passée avant un autre moment du passé.
Siétait venue« Si elle était venue, j'aurais été heureux » : elle n'est pas venue |
Test — « si » + plus-que-parfait, principale au conditionnel passé : condition non réalisée dans le passé.
Quand les deux temps coexistent, le signaler enrichit la réponse : « l'imparfait forme le décor du récit, en opposition au passé simple qui marque l'événement. »
Piège n°1 · Valeur trop vague
On croit : Attribuer une valeur à « regardait » sans lire le reste de la phrase.
En réalité : Dans « Ce soir-là, elle regardait les enfants », le repère temporel inscrit l'action dans une scène unique : la valeur est descriptive.
Justifier la valeur par un indice précis du contexte.
Piège n°2 · Confondre description et habitude
On croit : Analyser « se hâtait » sans contexte comme un imparfait d'habitude.
En réalité : « Ce soir-là, elle se hâtait » décrit une scène unique ; « Chaque soir, elle se hâtait » exprime une habitude.
Chercher un cadre précis ou un marqueur de répétition.
Piège n°3 · Confondre passé composé et plus-que-parfait
On croit : « avait relu » analysé comme un passé composé.
En réalité : L'auxiliaire « avait » est à l'imparfait : c'est un plus-que-parfait (le passé composé aurait l'auxiliaire au présent, « a relu »).
Repérer d'abord le temps de l'auxiliaire (voir notion 7), puis nommer la valeur d'antériorité.
Piège n°4 · Oublier de commenter le système imparfait / passé simple
On croit : Analyser chaque verbe isolément quand les deux temps coexistent.
En réalité : Mentionner l'opposition montre une vraie maîtrise : « imparfait de description qui forme le décor, en opposition au passé simple qui marque l'événement ».
Dès qu'imparfait et passé simple cohabitent dans l'extrait, commenter leur rôle respectif (arrière-plan / premier plan).
Cycle 2 (CP-CE2) : premiers emplois de l'imparfait et du passé composé, sans métalangage sur les valeurs.
Cycle 3 : on oppose explicitement imparfait (décrire, dire ce qui durait) et passé simple (raconter ce qui s'est passé), souvent à partir de contes. Le passé composé apparaît surtout à l'oral et dans les écrits du quotidien.
Ce que vous devez savoir dire : « On fait sentir aux élèves que l'imparfait peint le décor et que le passé simple raconte les événements. C'est cette opposition, plus que les terminaisons, qui donne sens aux temps du récit. »
Méthode
Donnez la valeur de « passa » dans « Une femme passa, tenant son enfant ».
Dans « Elle lisait quand il arriva », quel temps est l'arrière-plan, lequel est le premier plan ?