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06Partie 1 : Nombres et calcul★★★ Tombe chaque annéeCycle 4 · BOEN 2020 · Thème A

Divisibilité, PGCD, PPCM, nombres premiers

Multiples et diviseurs · critères de divisibilité · division euclidienne · nombres premiers · décomposition en facteurs premiers · algorithme d'Euclide · PPCM.

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Comprendre

Le problème qui donne envie de comprendre

Une enseignante dispose de 84 feuilles de dessin et de 126 crayons. Elle veut former le maximum de lots strictement identiques, en utilisant tout le matériel sans reste. Réponse : 42 lots (2 feuilles et 3 crayons chacun), car 42 est le plus grand entier qui divise à la fois 84 et 126. C'est le PGCD.

Autre situation : deux bus passent toutes les 8 minutes et toutes les 12 minutes, partis ensemble à 8h00. Ils se retrouveront dans 24 minutes, à 8h24. 24, c'est le PPCM. Ces deux outils sont au cœur de la fiche. Pour les comprendre, il faut d'abord la divisibilité, les nombres premiers et la décomposition. Chaque notion en appelle une autre : lisez-les dans l'ordre.

Divisibilité : est-ce que ça tombe juste ?

Diviser 12 billes entre 4 enfants, ça tombe juste (3 chacun). Diviser 13 billes entre 4 enfants, il en reste une. Cette idée simple est exactement ce que formalise la divisibilité. On dit que b divise a lorsqu'on peut répartir a en groupes de b sans aucun reste, c'est-à-dire s'il existe un entier k tel que a = k × b.

3 divise 12
12 = 4 × 3 (reste = 0)
12 est un multiple de 3
3 est un diviseur de 12
7 ne divise pas 15
15 = 2 × 7 + 1 (reste = 1 ≠ 0)
15 n'est pas un multiple de 7
7 n'est pas un diviseur de 15
Quatre façons de dire la même chose : « b divise a », « a est multiple de b », « a est divisible par b » et « b est diviseur de a ». Toute la fiche tourne autour de cette idée. À noter : 0 est multiple de tout entier, 1 divise tout entier, et tout entier se divise lui-même.

Tester si 4 572 est divisible par 3 en posant la division serait fastidieux. Des critères permettent de répondre en quelques secondes, sans calculer. Ils sont au programme, et le jury peut demander d'en justifier un (notamment par 3 ou par 9).

Divisible parCritèreExemple avec 4 572
2chiffre des unités pair (0, 2, 4, 6, 8)oui (unités = 2)
3somme des chiffres divisible par 3oui (4+5+7+2 = 18 = 6 × 3)
4deux derniers chiffres = multiple de 4oui (72 = 18 × 4)
5chiffre des unités = 0 ou 5non (unités = 2)
9somme des chiffres divisible par 9oui (18 = 2 × 9)
10chiffre des unités = 0non (unités = 2)

Combiner les critères

Divisible par 6 = divisible par 2 ET par 3. Divisible par 15 = par 3 ET par 5. Attention : divisible par 4 ET par 9 ne donne « divisible par 36 » que parce que 4 = 2² et 9 = 3² n'ont aucun facteur commun. Combiner deux critères ne marche que si les deux nombres sont premiers entre eux.
Pourquoi le critère par 3 fonctionne (le jury peut le demander)

10 = 9 + 1, 100 = 99 + 1, 1 000 = 999 + 1 : chaque puissance de 10 est un multiple de 9, plus 1. Donc dans 4 572 = 4 × 1 000 + 5 × 100 + 7 × 10 + 2, chaque terme a le même reste par 9 (et par 3) que son chiffre. Le reste de 4 572 par 9 est donc le même que celui de 4 + 5 + 7 + 2 = 18, soit 0. D'où le critère.

Division euclidienne : quand ça ne tombe pas juste

On vient de voir la divisibilité, le cas où la division tombe juste. Mais 47 billes réparties en groupes de 5, ça donne 9 groupes et il reste 2 billes. Ce reste est celui de la division euclidienne, l'outil fondamental de toute l'arithmétique, et la base de l'algorithme d'Euclide.

a = b × q + r avec 0 ≤ r < b
a = dividende · b = diviseur · q = quotient · r = reste
Exemple : 47 = 5 × 9 + 2 → quotient 9, reste 2

Le lien avec la divisibilité : b divise a si et seulement si le reste r = 0.

Nombres premiers et décomposition en facteurs premiers

Certains entiers sont « indivisibles » : 7 ne s'écrit que 1 × 7. Ce sont les nombres premiers, les briques élémentaires : tout entier supérieur ou égal à 2 est soit premier, soit un produit de nombres premiers. C'est pourquoi on en a besoin pour le PGCD et le PPCM.

7 est premier
Ses seuls diviseurs : 1 et 7.
Impossible de l'écrire a × b avec a, b > 1.
1 n'est pas premier
Il n'a qu'un seul diviseur : lui-même.
Un premier en exige exactement deux.
Définition : un entier n ≥ 2 est premier s'il a exactement deux diviseurs, 1 et lui-même. Les premiers à connaître jusqu'à 50 : 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31, 37, 41, 43, 47. 2 est le seul premier pair.
Tester si un nombre est premierjusqu'à √n seulement

Il suffit de tester les diviseurs premiers inférieurs ou égaux à √n. Pourquoi ? Si n avait un diviseur d > √n, alors n ÷ d serait un diviseur inférieur à √n, qu'on aurait déjà trouvé. On teste donc seulement le « petit côté ».

Exemple : 113 est-il premier ? √113 ≈ 10,6, donc tester 2, 3, 5, 7. Aucun ne divise 113, donc 113 est premier.

Puisque les premiers sont les briques de base, tout entier supérieur ou égal à 2 se « décortique » en un produit de ces briques : c'est la décomposition en facteurs premiers. On divise successivement par le plus petit premier qui divise (2, puis 3, puis 5…) jusqu'à tomber sur 1.

360
360 ÷ 2 = 180 ÷ 2 = 90 ÷ 2 = 45
45 ÷ 3 = 15 ÷ 3 = 5 ÷ 5 = 1
360 = 2³ × 3² × 5
252
252 ÷ 2 = 126 ÷ 2 = 63
63 ÷ 3 = 21 ÷ 3 = 7 ÷ 7 = 1
252 = 2² × 3² × 7

Une décomposition unique : le théorème fondamental de l'arithmétique

Tout entier n ≥ 2 s'écrit de façon unique comme produit de premiers (à l'ordre des facteurs près). C'est pourquoi 1 est exclu des premiers : sinon 6 = 2 × 3 = 1 × 2 × 3 = 1² × 2 × 3… aurait une infinité de décompositions. En comparant deux décompositions, on lit directement ce que les nombres ont en commun (le PGCD) et ce qu'il faut réunir pour les couvrir tous les deux (le PPCM).

PGCD et PPCM : les deux outils du concours

PGCDle plus grand facteur commun

PGCD(a, b) est le plus grand entier qui divise à la fois a et b (on travaille avec des entiers naturels non nuls). Reprenons les 84 feuilles et 126 crayons : le nombre de lots doit diviser 84 et 126, et on en veut le maximum, donc on cherche le PGCD.

Listing
Petits nombres.
Lister les diviseurs, prendre le plus grand commun.
PGCD(12, 8) → 1, 2, 4 → 4
Décomposition
Nombres moyens.
Facteurs communs, exposant minimum.
Détail dans l'onglet Méthode.
Euclide
Grands nombres.
Méthode universelle.
Détail dans l'onglet Méthode.

Premiers entre eux : a et b sont premiers entre eux quand PGCD(a, b) = 1. Cela ne veut pas dire que chacun est premier : 8 et 15 sont premiers entre eux (PGCD = 1) bien qu'aucun ne soit premier. Application directe : rendre une fraction irréductible en divisant numérateur et dénominateur par leur PGCD (36/48, PGCD = 12, donne 3/4 ; voir la fiche N°3).

PPCMle plus petit multiple commun

PPCM(a, b) est le plus petit entier strictement positif multiple à la fois de a et de b : l'image miroir du PGCD. Pour les deux bus (8 min et 12 min), les multiples de 8 sont 8, 16, 24… ; ceux de 12 sont 12, 24… ; le premier commun est 24.

PPCM(a, b) = (a × b) ÷ PGCD(a, b)
PGCD(8, 12) = 4 → PPCM = (8 × 12) ÷ 4 = 24
Par décomposition : 8 = 2³, 12 = 2² × 3 → PPCM = 2³ × 3 = 24

Pourquoi pas a × b ? 8 × 12 = 96 est bien un multiple commun, mais pas le plus petit. Diviser par le PGCD retire ce que a et b ont déjà en commun.

Les 3 situations où le PPCM est la clé : additionner des fractions à dénominateurs différents (1/8 + 1/12 → dénominateur commun PPCM(8, 12) = 24, soit 3/24 + 2/24 = 5/24) ; les problèmes de conjonction (bus, navettes, carillons, engrenages : deux phénomènes périodiques coïncident au PPCM des périodes) ; trouver le plus petit dénominateur commun.

Formule à retenir : PGCD(a, b) × PPCM(a, b) = a × b. Elle sert à calculer l'un quand on connaît l'autre, et à vérifier ses résultats.
Le piège de la ficheTrès fréquent

Piège n°1 : croire que 1 est premier

On croit : « 1 est premier car il n'est divisible que par 1. »

En réalité : 1 est exclu des premiers : un premier a exactement deux diviseurs distincts (1 et lui-même), or 1 n'en a qu'un.

Cette convention garantit l'unicité de la décomposition en facteurs premiers.

Le piège de la ficheInversion fréquente

Piège n°2 : confondre PGCD et PPCM

On croit : « Pour additionner 1/12 + 1/8, j'utilise le PGCD comme dénominateur commun. »

En réalité : Le dénominateur commun est le PPCM. PPCM(12, 8) = 24, donc 1/12 + 1/8 = 2/24 + 3/24 = 5/24.

PGCD = le plus grand qui divise les deux → fraction irréductible. PPCM = le plus petit multiple commun → dénominateur commun.

Le piège de la ficheMéthode incomplète

Piège n°3 : tester la primalité trop tôt

On croit : « 91 n'est divisible ni par 2, ni par 3, ni par 5, donc 91 est premier. »

En réalité : √91 ≈ 9,5 : il faut tester jusqu'à 9, donc aussi 7. Or 91 = 7 × 13. 91 n'est pas premier.

Tester tous les premiers inférieurs ou égaux à √n. Ne pas s'arrêter à 5.

Le piège de la ficheErreur de procédure

Piège n°4 : mal lire l'algorithme d'Euclide

On croit : S'arrêter au reste 1, ou lire le quotient de la dernière ligne comme PGCD.

En réalité : On s'arrête quand le reste est 0. Le PGCD est le dernier reste non nul, c'est-à-dire le diviseur de la dernière ligne.

La justification repose sur PGCD(a, b) = PGCD(b, r).

Ce que ça donne à l'école primairele regard du futur enseignant

Le mot « PGCD » n'apparaît pas à l'école, mais la notion de diviseur commun s'y construit, et le jury valorise ce lien.

Cycles 2 et 3 : les tables de multiplication font découvrir implicitement la divisibilité (18 est dans la table de 2, 3, 6, 9). Le programme (BOEN 2020) introduit explicitement en cycle 3 les notions de multiple et de diviseur, les critères de divisibilité par 2, 3, 4, 5, 9 et 10, et la simplification de fractions par diviseurs communs visibles (sans PGCD formel).

Justifier un critère dès le CM2 : « 100 = 99 + 1 = 33 × 3 + 1, donc 100 a le même reste que 1 dans la division par 3. » Expliquer pourquoi un critère fonctionne, c'est déjà enseigner le raisonnement. L'arithmétique est un domaine privilégié pour le raisonnement par disjonction de cas, par l'absurde ou par contre-exemple, ce que le jury apprécie.

Méthode

Quatre savoir-faire exigibles au concours

L'algorithme d'Euclide, la décomposition en facteurs premiers, le calcul du PPCM, et le test de primalité. Maîtrisez-les dans cet ordre : chacun s'appuie sur le précédent, et chacun se termine par une vérification.

Quelle méthode pour le PGCD ?

Euclide et la décomposition donnent le même résultat, mais ne s'utilisent pas dans les mêmes cas. Euclide : nombres grands ou difficiles à décomposer, ou quand on veut seulement le PGCD. Décomposition : nombres petits, ou quand l'énoncé demande aussi le PPCM, ou demande explicitement de décomposer. Règle d'or : si l'énoncé dit « décomposer en facteurs premiers », la décomposition est imposée ; sinon, au-delà de ~100, préférez Euclide.
MéthodeCalculer un PGCD avec l'algorithme d'Euclide
Question typique : « Calculer le PGCD de 252 et 168, puis simplifier 168/252. » Principe : PGCD(a, b) = PGCD(b, r) où r est le reste de la division de a par b. On répète jusqu'à un reste nul.
1
Identifier a et b (a ≥ b), le plus grand en dividende.
a = 252, b = 168
2
Diviser a par b, écrire a = b × q + r.
252 = 168 × 1 + 84 (reste 84)
3
Remplacer (a, b) par (b, r) et répéter jusqu'au reste 0.
168 = 84 × 2 + 0 → STOP
4
Conclure : le PGCD est le dernier reste non nul.
PGCD(252, 168) = 84
168/252 = 2/3 (irréductible)
Le PGCD est le diviseur de la dernière ligne (84), pas le quotient (2).
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

Calculer PGCD(48, 36) par l'algorithme d'Euclide.

MéthodeDécomposer en facteurs premiers, en déduire PGCD et PPCM
Question typique : « Décomposer 360 et 126. En déduire leur PGCD et leur PPCM. » Idée : une fois les décompositions faites, PGCD et PPCM se lisent d'un coup.
1
Diviser par 2, puis 3, puis 5… en s'aidant des critères, jusqu'à 1.
360 = 2³ × 3² × 5
126 = 2 × 3² × 7
2
PGCD : facteurs communs, exposant minimum.
Communs : 2 (min 1), 3 (min 2)
PGCD = 2 × 3² = 18
3
PPCM : tous les facteurs, exposant maximum.
2 (max 3), 3 (max 2), 5, 7
PPCM = 2³ × 3² × 5 × 7 = 2 520
4
Vérifier avec PGCD × PPCM = a × b.
18 × 2 520 = 45 360 = 360 × 126 ✓
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

On donne 12 = 2² × 3 et 18 = 2 × 3². Donner PGCD et PPCM par lecture des décompositions.

MéthodeRésoudre un problème de conjonction (PPCM)
Question typique : « Deux navettes partent toutes les 12 et 8 minutes, ensemble à 8h00. Quand repartiront-elles ensemble ? » Idée : la coïncidence a lieu au PPCM des périodes.
1
Reconnaître qu'on cherche le PPCM des périodes.
Prochaine coïncidence : PPCM(12, 8) minutes
2
Calculer le PPCM (formule ou décomposition).
PGCD(12, 8) = 4
PPCM = (12 × 8) ÷ 4 = 24 minutes
3
Répondre dans le contexte.
Première coïncidence : 8h24
Attention au décalage de comptage : inclure ou non le départ selon ce que demande l'énoncé.
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

Deux phares clignotent toutes les 15 s et toutes les 20 s, ensemble à un instant donné. Au bout de combien de temps coïncident-ils de nouveau ?

MéthodeTester si un nombre est premier
Question typique : « Montrer que 137 est premier. » Idée : tester seulement les premiers inférieurs ou égaux à √n.
1
Calculer √n et lister les premiers à tester.
√137 ≈ 11,7 → tester 2, 3, 5, 7, 11
2
Appliquer les critères et les divisions.
137 impair, somme 11 (pas mult. de 3),
ne finit pas par 0/5, 137 = 7 × 19 + 4,
137 = 11 × 12 + 5
3
Conclure par une phrase rédigée.
137 n'est divisible par aucun premier ≤ √137,
donc 137 est premier.
Checkpointà vous de jouer
30 secondes

101 est-il premier ? Justifier brièvement.

Méthode bien en tête ? Entraînez-vous.